2015
Reconnaissante des alliances du temple
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Thème

Notre foyer, notre famille

Reconnaissante des alliances du temple

L’auteur vit en Arizona (États-Unis).

Comment se pouvait-il que quoi que ce soit allège mon chagrin alors que mon fils à naître était en train de mourir ?

J’étais enceinte de notre troisième enfant et seulement dans la quatorzième semaine de grossesse lorsque les médecins nous ont annoncé que le bébé n’irait pas à son terme à cause de complications au niveau des poumons. Cette nouvelle nous a atterrés, j’étais effondrée, terrifiée et doutais de l’avenir. Ce soir-là, mon mari et moi sommes allés au temple, le cœur lourd, éplorés. Nous avions besoin de réponses, de direction et de force, et nous savions que, dans la quiétude du temple, nous pouvions nous rapprocher du Seigneur. Nous avons été étonnés de la paix que nous avons ressentie dans la salle céleste. J’ai su que, même si le bébé n’était pas destiné à rester sur terre, le Seigneur pourvoirait.

Plus tard, agenouillée, j’ai ouvert mon âme à mon Père céleste. Je lui ai dit que je comprenais que notre fils n’était pas destiné à rester mais que je désirais recevoir certaines bénédictions précises, si possible. Je lui ai aussi fait la promesse, que si mes désirs étaient exaucés, je ne perdrais pas la foi. J’ai demandé que cet enfant puisse rester en moi un peu plus longtemps, qu’il vive, ne serait-ce qu’un peu de temps, jusqu’à ce que nous puissions le prendre dans nos bras. Les médecins avaient dit que si, par miracle, notre bébé arrivait à son terme, il naîtrait avec une peau violette, mais j’ai prié pour qu’il naisse avec une peau rose pour que nos autres petits garçons n’aient pas peur de tenir leur frère. J’ai demandé au Seigneur de nous permettre de nous souvenir de notre lien éternel après le départ du bébé, que nous avons décidé d’appeler Brycen.

Au fil des semaines, les médecins ont été étonnés des progrès de Brycen mais ont réaffirmé leur certitude qu’il mourrait après la naissance. J’ai éprouvé un chagrin indescriptible à l’idée que nous allions le perdre, pourtant j’étais très heureuse de savoir qu’il continuait de grandir. C’était un fardeau permanent de porter ce fils qui ne vivrait pas ; j’étais attristée chaque fois que des personnes me demandaient le sexe du bébé ou la date prévue de sa naissance, m’obligeant à faire comme si tout était normal. Nous avons acheté un moniteur afin de pouvoir vérifier quotidiennement les battements de son cœur et étions toujours impatients d’entendre ce son si cher. Ma douleur était profonde. L’expiation du Sauveur a pris une nouvelle signification pour moi : j’ai finalement compris par expérience que Jésus-Christ non seulement a souffert pour mes péchés mais a aussi ressenti chaque tristesse, chaque douleur. Lui, mon Sauveur, a véritablement porté le poids avec moi afin que je ne sois jamais seule.

Au bout de la trente-septième semaine, j’ai été admise à l’hôpital, consciente que je déclenchais officiellement le compte à rebours de la vie de Brycen. C’était à la fois terrifiant et beau. Les médecins nous ont dit que son espérance de vie se situait entre dix minutes et quelques jours. Malgré mes peurs, j’ai senti l’assurance du Seigneur. Brycen Cade Florence est né le 27 janvier 2012. J’ai pleuré dès qu’il est né, rose, si beau et si parfait.

Nos garçons se sont précipités dans la pièce pour voir et tenir leur frère ; nous avions fait venir un photographe pour immortaliser cet instant. Brycen n’a vécu que soixante-douze minutes, littéralement juste assez longtemps pour que chacun de nous puisse le tenir et l’aimer. C’était la seule fois où nous étions tous ensemble en famille sur cette terre, mais cela a été tout ce que nous avions rêvé. Les garçons ne se lassaient pas de leur frère, l’embrassaient, chantaient des chansons et suppliaient qu’on les laisse le prendre dans leurs bras. Il est même resté assez longtemps pour recevoir une bénédiction de son père, ce que mon mari avait espéré faire et demandé dans ses prières.

Notre famille a le témoignage que « Le plan divin du bonheur permet aux relations familiales de perdurer au-delà de la mort » et que les ordonnances et les alliances du temple permettent « aux familles d’être unies éternellement » (« La famille : Déclaration au monde » Le Liahona, octobre 2010, p. 129). Pour nous, avoir une famille éternelle représente tout. La partie la plus belle de l’Évangile est que la mort ne nous séparera jamais ; que nous continuerons notre parcours ensemble.

À travers cette épreuve, j’ai appris que Dieu se soucie des détails. Il se soucie de nous personnellement. Nous aurons des épreuves et des difficultés mais Dieu peut les rendre plus faciles à supporter. Aujourd’hui, je suis plus reconnaissante que jamais d’être scellée à mon mari dans le temple et que nos enfants soient nés dans l’alliance. Grâce au merveilleux plan de Dieu pour les familles, notamment grâce au sacrifice infini du Sauveur, nous pourrons être réunis un jour. Je me demande souvent comment j’aurais résisté à cette épreuve difficile si je ne connaissais pas cette vérité éternelle. Je suis plus que reconnaissante du témoignage que j’ai acquis grâce à la courte vie de Brycen : Dieu m’a ouvert plus complètement les yeux et le cœur sur ses bénédictions.