2015
Avant la fin du voyage
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Avant la fin du voyage

Les personnes qui supportent bien l’adversité voient leur foi grandir avec le temps.

Je ne m’inquiète jamais de savoir où trouver mon père de quatre-vingt-douze ans, Paul Romney, le dimanche après-midi. Il est dans sa paroisse de Salt Lake City en train de ranger la salle de culte. Cela lui prend un peu plus d’une heure.

Il s’appuie sur son déambulateur et remonte l’allée. Puis il s’appuie sur les bancs et passe d’une rangée à l’autre, ramassant les papiers qui traînent, rangeant les livres de cantiques et ramassant les céréales ou miettes de pain qui sont tombées sur la moquette. C’est une tâche qu’il accomplit chaque dimanche, à quelques exceptions près, depuis qu’il a été ordonné diacre en 1934.

Se préparer à adorer le Seigneur

Before Our Journey's Through

Il dit : « Je le fais pour montrer que j’aime le Seigneur. Avoir une salle de culte propre nous aide à l’adorer. »

Quand il était diacre, Paul Romney a appris que s’occuper des besoins temporels de la paroisse faisait partie de ses devoirs. Il explique : « Je me suis dit qu’une des manières de le faire était de ranger après les réunions. J’ai donc commencé tout simplement à le faire et je le fais depuis. » Cela n’a jamais été une tâche officielle ou un appel, bien qu’il soit occasionnellement allé le samedi aider d’autres personnes qu’on avait chargées de faire le ménage de l’église. Parfois, ses enfants l’aidaient. Il y a des années, quand il était dans l’épiscopat, il encourageait les diacres à se joindre à lui.

Mais, la plupart du temps, il attend simplement que la dernière réunion de la journée soit terminée. Ensuite, sans fanfare, il apporte sa petite contribution au maintien d’une maison d’ordre. Et il le fait fidèlement, tous les dimanches.

L’exemple de mon père m’a montré que, quelle que soit notre situation, nous pouvons toujours trouver une façon de servir. Cela m’a appris ce qu’est la révérence et comment me préparer au service de culte. Et cela m’a aidé à voir que nous avons tous beaucoup à apprendre des personnes qui sont plus avancées que nous dans le voyage de la vie.

Changer les rôles

Before Our Journey's Through

J’ai appris des leçons similaires de voisins qui vivent dans ma rue. Larry Morgan, quatre-vingt-dix-sept ans, et sa femme, Elizabeth, quatre-vingt-quatorze ans, ont rempli avec succès plusieurs rôles dans leur vie commune : mari et femme, père et mère, missionnaires d’âge mur en Hollande. Quand Larry avait soixante-douze ans, il a été appelé comme conseiller dans l’épiscopat. À cette époque, il y avait soixante-dix-neuf veuves dans notre quartier et, à la demande de l’évêque, Larry et Elizabeth ont rendu visite à chacune d’elles.

Depuis plus de quarante ans, le dimanche de jeûne, les enfants de Larry et Elizabeth, et maintenant leurs petits-enfants et arrière-petits enfants, se réunissent le soir pour finir leur jeûne. Il dit : « Nous voulions que notre famille aime être ensemble, et tout le monde aime manger. Nous avions beaucoup de blé en réserve, alors nous faisions nous-mêmes la farine et les gaufres. Puis nous mangions jusqu’à ce que tout le monde soit rassasié. » Ce repas simple pris en commun a fait naître des sentiments durables d’unité familiale.

Aujourd’hui, ce sont les enfants et les petits-enfants qui cuisinent. Elizabeth souffre de démence mais elle sait que sa famille est proche. À toutes les personnes présentes, elle répète inlassablement : « Je t’aime ». Quand le repas est terminé et que tout le monde est parti, elle aime écouter Larry lire les Écritures et des articles des magazines de l’Église à haute voix et est rassurée de savoir simplement qu’il est là.

Il y a environ deux ans, Larry est tombé et s’est blessé à la colonne vertébrale. À cause de cela, il ne peut plus marcher. Il dit : « Je ne perds pas de temps à me demander ‘Pourquoi moi ?’ J’ai reçu une bénédiction de la prêtrise. On m’a dit que je marcherai de nouveau, mais que ce ne sera pas dans cette vie. Grâce à l’Expiation et à la résurrection, je sais que cela arrivera. J’ai appris que notre Père céleste est aux commandes. Quand nous acceptons sa volonté, alors nous pouvons compter sur son aide. »

Perspective grandissante

Before Our Journey's Through

J’ai rencontré Merle Christensen pour la première fois dans une maison de retraite de Brigham City (Utah). Elle était la grand-mère d’un ami de notre famille et elle allait célébrer son cent unième anniversaire. Dans sa chambre, Merle avait autour d’elle des livres de souvenirs et des photos. Elle m’a montré deux photos qui m’ont particulièrement impressionné.

La première, prise il y a de nombreuses années, était d’un groupe d’élèves du séminaire, dans lequel se trouvaient les filles de Merle. Merle dit : « Elles sont au premier rang avec leur instructeur, Boyd K. Packer. Il a l’air très jeune mais c’était un bon instructeur. » Aujourd’hui, il est président du Collège des douze apôtres.

Quand Merle était jeune, elle a eu la polio. Elle dit : « Ce n’était pas facile pour une jeune fille de faire face à cela. Il a fallu que ma foi grandisse pour que j’arrive à suivre. Mais le Seigneur m’a aidée à l’époque, et il m’aide maintenant. » Les personnes qui ont la polio quand ils sont jeunes souffrent souvent de syndrome post-polio en vieillissant, par exemple de faiblesse musculaire et de fatigue générale. C’est le cas de Merle.

Quand elle se sent fatiguée, elle se souvient d’Alma 7:11-12 qui dit que le Sauveur « prendra sur lui les souffrances et les maladies de son peuple […] afin qu’il sache […] comment secourir son peuple selon ses infirmités ». Puis elle ajoute : « On a confiance que le Seigneur sait ce par quoi on passe. Prenez un jour à la fois, priez, allez à l’Église et soyez bon avec votre prochain. Ce sont là les petites choses qui vous aident à tenir bon. »

La deuxième photo que Merle m’a montrée se trouve dans un album de souvenirs et c’est une photo de trois de ses cinq filles. Tous ses enfants étaient des filles et trois d’entre elles étaient des triplées nées en 1936, les premiers triplés nés à Brigham City. Merle dit : « C’était rare d’avoir des triplées à l’époque. » La médecine n’était pas aussi avancée que maintenant et deux des trois filles sont nées avec une déficience cardiaque. Sharon est morte en 1958, Diane en 1972. Janice, qui n’avait pas de problème cardiaque, est morte d’un cancer en 1992.

Merle poursuit : « J’aime toutes mes filles, leur mari, mes petits-enfants et mes arrière-petits-enfants. » Mais DeVere, son mari, qui est mort il y a vingt-six ans, lui manque, tout comme ses triplées, qui auraient soixante-dix-neuf ans en avril prochain.

Elle lit dans Alma : « Et il prendra sur lui la mort, afin de détacher les liens de la mort qui lient son peuple » (Alma 7:12).

Et elle ajoute : « Je sais que le Sauveur a vaincu la mort. Grâce à cela, je sais que je reverrai mon mari, mes triplées et toute ma famille. » Elle dit que cette conviction grandit chaque jour.

Sœur Christensen est décédée en septembre 2014, après la rédaction de cet article.

Marcher ensemble

Before Our Journey's Through

Alph et Lucette Passeraub, de Lausanne, en Suisse, aiment marcher ensemble. Les rives du lac de Genève, surplombées par les Alpes, sont une de leur promenades préférées. Il y a quelques années, au cours d’une de leurs ballades, les Passeraub ont passé la soirée à se raconter des souvenirs.

Alph, âgé de soixante-dix-huit ans, a dit : « Adolescent, je recherchais déjà la vérité. Je me suis toujours dit que si Dieu existait, il devait y avoir un prophète sur la terre. Cette pensée me tracassait tout le temps. »

Quand Alph a commencé ses études post-secondaires, un ami l’a encouragé à suivre des cours d’anglais gratuits donnés par des missionnaires. Après l’un de ces cours, les missionnaires l’ont invité à aller à l’église.

Alph se souvient : « La première fois que j’ai assisté à l’École du Dimanche, la leçon disait que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois personnages distincts. L’instructeur a dit que nous en savions beaucoup sur Dieu grâce aux enseignements d’un prophète de notre époque, Joseph Smith, et qu’il y avait des prophètes vivants aujourd’hui. J’étais stupéfait. Ils étaient en train de parler de ce que je pensais intimement depuis si longtemps ! » Peu après, il s’est joint à l’Église. Il ajoute : « Chaque jour depuis cette époque, je me réjouis qu’il y ait des prophètes sur la terre. »

Lucette a quatre-vingts ans et était enfant pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elle dit : « À quatorze ans, j’ai dû aller travailler et je n’ai jamais pu terminer mes études. Mais je me suis aperçue que l’Église me donnait des occasions de continuer à apprendre. » Après sa mission à plein temps, elle a commencé à fréquenter Alph. Ils se sont mariés au temple, ont élevé leurs enfants et regardent aujourd’hui leur parcours. Lucette a été présidente de la Primaire de paroisse pendant quatorze ans, Alph a été membre de grand conseil pendant trente-deux ans, ils sont allés régulièrement au temple, ils ont rendu visite à leurs enfants et petits-enfants, et toujours, toujours, ils sont reconnaissants de la vérité qu’ils ont embrassée étant jeunes.

Lucette dit : « Nous avons été bénis de pouvoir marcher côte à côte. Et à chaque pas, notre foi s’est renforcée. »

J’apprends beaucoup de ces amis qui sont plus âgés que moi. Larry et Elizabeth m’enseignent comment changer de rôle dans la vie avec dignité et avec l’aide du Seigneur. Merle me montre que la foi de persévérer jusqu’à la fin doit être fondée aujourd’hui sur la foi dans le Sauveur. Et les Passeraub m’enseignent à me réjouir de l’Évangile chaque jour. Toutes ces leçons me fortifieront avant que mon voyage prenne fin.