2013
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Nous avons participé

Nancy Grant (Géorgie, États-Unis)

Nous avons déménagé d’une grande ville comptant beaucoup de saints des derniers jours pour nous installer dans une commune de cinq mille habitants dans la campagne profonde du sud des États-Unis, où nous avons vécu pendant plus de sept ans. Au moment où je sortais de la quincaillerie, le premier jour de mon arrivée, un jeune employé m’a dit : « Bonne journée, Mme Grant ».

J’ai demandé : « Comment connaissez-vous mon nom ? »

Il a répondu : « Vous autres êtes les seuls nouveaux venus en ville. »

Nous avons trouvé une maison en face d’une église protestante et à cent mètres d’une autre, mais l’église mormone la plus proche était à quarante-cinq minutes en voiture. Tous les dimanches, ainsi que deux ou trois fois par semaine, nous faisions le trajet jusqu’à notre église. Au cours de ces sept années, mon mari a fait partie de l’épiscopat et j’ai été présidente de Primaire puis présidente des Jeunes Filles.

Nous savions que le cœur des petites communes battait dans les églises locales, c’est là que se trouvait la vie de la collectivité. Pour être acceptés, nous devions y participer. Nos trois jeunes enfants se sont vite liés d’amitié avec les enfants de la paroisse, mais nous souhaitions aussi qu’ils se sentent bien dans notre quartier. Nous les avons incités à participer pendant la semaine aux activités organisées par les églises locales, notamment au dîner des familles le mercredi soir dans l’une des églises.

Nous avons inscrit notre fils et nos filles dans leurs programmes pour la jeunesse. Nos enfants ont aussi assisté à l’école biblique de vacances dans les deux églises du quartier. Nos filles ont chanté dans le chœur des jeunes ; l’une d’elle était même soliste dans ce chœur. Notre fils faisait partie du groupe des jeunes de leur église.

Souvent, un prédicateur évangélique en visite venait prêcher contre les « mormons » mais nos voisins savaient que nous n’étions absolument pas le genre de personnes contre lesquelles les prédicateurs les mettaient en garde.

Chaque été, les assemblées régionales d’un des cultes protestants organisaient un camp de jeunesse sur l’île de Saint-Simon, en Géorgie. Après l’un de ces camps, le pasteur a dit au pupitre : « La seule jeune à avoir participé au camp de cet été a été notre bonne petite mormone, Kelly Grant. »

Nos voisins protestants nous ont acceptés parce que nous les avions acceptés. Nous n’avons jamais eu à faire des entorses à nos principes.

Le témoignage que nos enfants avaient de l’Église rétablie a grandi avec eux. Ce qu’ils ont appris des histoires de la Bible par les autres Églises leur a permis de mieux faire la corrélation entre la Bible et le Livre de Mormon. De plus, ils ont compris le rôle crucial de la prêtrise dans notre Église, et ils ont senti la différence.

Quand nos enfants ont été en âge de sortir en couple, la société de mon mari l’a muté à Atlanta (Géorgie). J’ai pleuré lorsque nous avons signé l’acte de vente de notre maison avec les nouveaux propriétaires. Notre notaire m’a embrassée et a dit gentiment : « Personne ne pourra jamais dire que les mormons ne sont pas passés ici. »

Ce que nos enfants ont vécu dans cette petite ville protestante leur a enseigné la tolérance, la patience et la compréhension. Ils se sont trouvés des points communs avec les membres d’autres confessions, ce qui les a préparés à devenir des ambassadeurs de l’Église. Et ils ont découvert la valeur du Saint-Esprit, de la prêtrise et du grand amour du Sauveur pour chacun de nous.

Durant ces sept années, nous n’avons converti personne, mais nous avons semé. Aujourd’hui, nous pouvons dire que notre vie a été embellie parce que les habitants de cette petite ville ont croisé notre chemin. J’espère qu’il en est de même pour eux.