2011
Ils ont gardé le cap aux îles Marshall
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Ils ont gardé le cap aux îles Marshall

Tandis que nous traversons les écueils de la vie, nous profitons tous de la présence de membres fidèles qui nous guident pour nous aider à retourner à notre foyer céleste.

Autrefois, les marins naviguaient en se guidant à l’aide de la position du soleil, de la lune et des étoiles. La nuit, ils gardaient les yeux fixés sur l’étoile polaire, sa position fixe fournissant une ancre céleste aux marins en les aidant à maintenir le cap sur leur destination.

Aux îles Marshall, dans l’océan Pacifique, les marins ont découvert une autre technique. Là-bas les vagues ou la houle de l’océan se déplacent toujours de la même manière entre les atolls et les îles. Un marin expérimenté peut parcourir des centaines de kilomètres en suivant un réseau complexe de houles, dont chacune est une rue à sens unique, d’une île ou d’un atoll à l’autre. Ceux qui savent où trouver les houles et vers où elles se dirigent peuvent mener d’autres voyageurs sains et saufs à leur destination.

De même, Jésus-Christ est notre exemple parfait dont la lumière véritable nous guide. Comme les houles de l’océan, ses lois et ses ordonnances peuvent nous mener sains et saufs à notre foyer céleste. Néanmoins, pour nous tous, il y a d’autres personnes dont le service et le soutien agissent de concert avec le rôle du Maître Navigateur. Dans les histoires qui suivent, trois membres des îles Marshall nous racontent comment d’autres gens les ont aidés à naviguer au milieu des écueils et des tempêtes de la vie pour les amener au Christ.

L’influence d’une femme juste

Hirobo Obeketang se cale dans son divan et sourit. Sa femme, Linda, et lui viennent de finir leur soirée familiale avec quatre de leurs enfants et avec les sœurs missionnaires. Pour le dîner, ils ont servi du poisson aux missionnaires, avec la queue et les yeux, comme c’est la tradition à Majuro, capitale des îles Marshall. Quand il décrit sa vie, Hirobo dit combien il est reconnaissant pour l’Église, l’Évangile et sa famille, surtout pour sa femme.

Nous sommes en juin 2009. La veille, le pieu de Majuro des îles Marshall a été organisé et Hirobo a été appelé comme premier secrétaire exécutif du pieu. Arlington Tibon, le nouveau président du pieu, dit d’Hirobo qu’il est très, très fort et qu’il est l’un des dirigeants fidèles de l’île.

Mais Hirobo est le premier à souligner que ce n’est le cas que depuis peu de temps. En fait, il dit que c’est sa femme qui est forte et qui lui a changé la vie. Il explique : « J’ai été baptisé quand j’avais huit ans mais, à seize ans, je suis devenu non pratiquant. »

Quelques années plus tard, Linda et lui ont commencé à faire vie commune quoique non mariés. Linda n’était pas membre de l’Église. En 2000, peu après avoir découvert qu’Hirobo avait été baptisé dans son enfance, Linda s’est intéressée à l’Église et a commencé à rencontrer les sœurs missionnaires.

Hirobo raconte : « Elle a étudié pendant deux ans et a décidé de se faire baptiser. Pour cela, nous devions d’abord nous marier, mais cela ne m’intéressait pas de me marier. J’étais dans la confusion et vraiment dans les tentations du monde. Je ne comprenais pas l’importance de la famille, cela ne m’intéressait pas et je n’écoutais personne.

Bien que n’étant pas baptisée, Linda a élevé leurs enfants dans l’Église. Chaque année, elle demandait à Hirobo de l’épouser pour qu’elle puisse se faire baptiser ; il disait non à chaque fois. Au fil des années, deux de leurs filles ont été baptisées mais Hirobo n’a pas assisté à leurs baptêmes.

Puis, en 2006, Takao, leur fils de neuf ans est décédé d’une attaque et d’une forte fièvre. Quelque trois cents membres du district de Majuro ont assisté au service funèbre pour soutenir la famille.

Hirobo déclare : « Leur soutien a été formidable pour moi. Je me suis mis à penser que Dieu était probablement en train de me dire quelque chose. »

Il a commencé à penser que c’était à cause de lui que sa femme ne pouvait pas se faire baptiser alors qu’il était membre de l’Église. Il raconte : « Elle était de plus en plus forte. Elle m’inspirait vraiment.

Alors je me suis assis et j’ai vu que j’en étais à la moitié de ma vie. » Je me suis demandé : « Vais-je continuer comme ça ? Ai-je une chance de travailler pour Dieu pendant la deuxième moitié de ma vie ? Je me suis mis à faire mes prières et à penser à revenir à l’Église pour commencer à travailler pour Dieu. »

Il a commencé à étudier l’Évangile avec les missionnaires et à réapprendre la doctrine. Nelson Bleak, président de la mission de Majuro, s’est lié d’amitié avec lui, comme l’ont fait d’autres membres, dont Arlington Tibon, alors président de district. Enfin, Hirobo s’est engagé à revenir à l’Église et avant de se rendre compte de ce qui lui arrivait, il assistait non seulement à la réunion de Sainte-Cène mais aussi à celles de l’École du Dimanche et de la prêtrise. Hirobo a fini par se décider.

« Quand je suis revenu à l’Église, je me suis dit : ‘Voilà. Voilà ce que je vais faire.’ Et cela a complètement changé ma vie. »

Hirobo et Linda se sont mariés le 30 août 2008. Il a reçu la Prêtrise d’Aaron peu après et il a baptisé sa femme. Deux mois après, il a reçu la Prêtrise de Melchisédek et a été appelé comme secrétaire exécutif du district.

Il regarde sa femme et sourit. Il déclare : « Elle ne pouvait pas croire que c’était moi qui la baptisait. Imaginez : il lui a fallu huit ans, de 2000 à 2008. Elle est formidable. »

L’exemple d’un père juste

Parfois notre guide, comme un marin, travaille en collaboration étroite avec nous, nous enseignant ce que nous devons savoir pour réussir à naviguer dans la vie. Dans bien des cas, le marin le fait en nous montrant l’exemple à suivre. Cela a été le cas de Frank, le père de Patricia Horiuchi.

Après avoir rencontré les missionnaires, Frank a commencé à les inviter régulièrement à venir dîner chez lui. Il n’a pas tardé à commencer à recevoir les leçons. Mais aucun autre membre de sa famille ne voulait entendre parler de l’Église. Patricia dit : « Quand nous voyions les missionnaires arriver, nous partions tous en courant : mes frères et sœurs cadets et moi. »

Frank a été baptisé en juillet 2007 par le président de mission, Nelson Bleak. Cela a été un moment décisif pour Patricia et ses frères et sœurs.

Elle dit : « J’ai vu mon père commencer à changer. Je me suis rendu compte que si l’Évangile avait pu toucher le cœur de mon père, il pouvait toucher le mien et changer ma vie. » J’ai donc décidé d’étudier avec les sœurs missionnaires et elles m’ont invitée à étudier le Livre de Mormon et la Bible. Mon frère et moi nous nous étions battus avant cela et je ne lui avais jamais pardonné. Et puis, j’ai lu dans les Écritures que si nous pardonnons aux autres, Dieu nous pardonnera. (voir 3 Néphi 13:14–15).

Patricia s’est rendu compte qu’elle devait pardonner à son frère pour commencer à changer de vie, être pure et avoir la paix. C’est ce qu’elle a fait.

Elle raconte : « Après avoir abandonné mes mauvaises attitudes et être devenue une autre personne qui suivait les commandements, j’étais remplie d’enthousiasme. Je savais que je devais me faire baptiser pour pouvoir faire partie de la véritable Église. L’Église m’a mise sur la bonne voie. Elle m’a séparée des mauvaises influences. Elle m’a appris à respecter mes parents, à poursuivre mes études et à rester sur la bonne voie. »

L’influence d’un homme juste

Comme Hirobo Obeketang, Lydia Kaminaga est née dans l’Église mais est devenue non pratiquante pendant son adolescence. Mais l’histoire de son retour est aussi remarquable qu’originale.

Lydia et son mari, Kaminaga Kaminaga, ont tous les deux grandi dans l’Église. Kaminaga dit : « Je n’ai jamais douté des enseignements de l’Église. J’y ai toujours cru. »

Mais la vie a pris une autre tournure pour Lydia. Elle raconte : « Quand je suis entrée en cours secondaire, j’étais la seule membre de l’Église dans mon école et je me sentais exclue. J’ai fait comme mes copines. J’ai donné la priorité à ce qui n’en avait pas. »

Ses parents l’ont envoyée à Provo (Utah, États-Unis), vivre chez des parents en espérant que leur influence lui inspirerait de pratiquer l’Évangile. Elle a appris des choses qui allaient l’aider plus tard dans la vie, mais à l’époque cela ne l’intéressait pas d’être pratiquante dans l’Église.

Elle est revenue aux îles Marshall en janvier 2002, juste un mois après le retour de Kaminaga de sa mission au Japon. Ils se sont rencontrés peu après. Lydia ne suivait pas les principes de l’Église, mais Kaminaga a continué d’aller chez elle en prétendant venir voir son neveu, Gary Zackious.

Kaminaga a fini par décider de parler aux parents de Lydia de sortir avec elle pour des activités saines et pures. Ils ont d’abord essayé de l’en dissuader mais Kaminaga a fini par leur dire que Lydia avait encore une chance de changer. Lorsque je l’ai dit, tout l’esprit a changé dans la pièce. Son père s’est mis à pleurer et a dit : « J’ai toujours voulu qu’elle revienne à l’Église. Vous pouvez essayer. »

Au début, Lydia n’a pas pris Kaminaga au sérieux. Lui était un ancien missionnaire soigné et elle n’était pas pratiquante.

Lydia explique : « Mais lui voyait quelque chose que moi je ne voyais pas. » Comme elle ne sortait avec personne d’autre, elle a accepté de sortir avec lui. « Il m’a ramenée. Étant sa petite amie, j’ai dû mettre de l’ordre dans mes principes. Il m’a rappelé les alliances que j’avais faites au baptême. Il m’a rappelé tout ce qui me manquait beaucoup en fait, comme la lecture des Écritures et la soirée familiale. Nous avons participé ensemble à des projets de service. Nous avons lu le Livre de Mormon. Nous sommes allés à des veillées. Il m’a montré comment vivre différemment. Je ne devais pas aller à l’église que pour la Sainte-Cène mais aussi pour l’École du Dimanche et la Société de Secours. »

À mesure qu’ils passaient du temps ensemble à des sorties saines et édifiantes, Lydia a commencé à changer de vie et son témoignage a grandi. Mais elle avait encore des choses à régler.

Elle reconnaît que cela a été dur de redevenir pratiquante. « Ce n’est pas facile de se repentir mais j’ai un témoignage réellement fort du repentir. À bien des égards, nos sorties ensemble consistaient à faire davantage connaissance, à me ramener à l’Église et à voir les choses différemment. »

Kaminaga ajoute : « C’est une question de relations. »

Lydia et Kaminaga se sont mariés le 28 novembre 2002. Un an plus tard, ils ont été scellés au temple de Laie (Hawaï) et ils ont fait des études à l’université Brigham Young – Hawaï. Ils vivent maintenant aux îles Marshall avec leurs trois enfants. Dans leur paroisse, Lydia est instructrice à l’École du Dimanche des jeunes de la paroisse et Kaminaga est président des Jeunes Gens.

Comme en témoignent Hirobo, Patricia et Lydia, quand nous faisons preuve de patience et de persévérance et que nous recherchons les bénédictions du Seigneur, beaucoup de choses sont possibles. Les personnes qui suivent le Sauveur et qui écoutent les murmures du Saint-Esprit peuvent, comme le marin d’antan, qui guidait les gens pour les ramener chez eux, tout changer dans la vie de quelqu’un d’autre.

Ci-dessus, à gauche : Hirobo Obeketang (que l’on voit aussi avec sa famille aux pages précédentes), est gérant d’un hôtel. Ci-dessous : Patricia Horiuchi, a été dirigeante de la première conférence des Jeunes Adultes Seuls des îles Marshall en juin 2009 (en bas à droite).

« J’ai un fort témoignage du repentir », dit Lydia Kaminaga, que l’on voit ici avec son mari, Kaminaga, et leur fille, Wellisa.

Photos Joshua J. Perkey, sauf indication contraire ; photo de voilier © Getty Images