Personne ne le saura jamais
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Personne ne le saura jamais

Elder Stanley G. Ellis

Je suis né et j’ai grandi à Burley, en Idaho (États-Unis). Comme mon père y avait une ferme et un ranch, je passais mon temps à travailler à l’extérieur. Ma famille était membre de l’Église depuis des générations et j’ai été élevé dans un foyer fidèle. Mais lors de mes études secondaires, mon témoignage a été éprouvé par une situation que j’avais recherchée.

Je connaissais un élève de mon établissement qui avait participé à un programme d’échange scolaire. Cela me semblait être une expérience intéressante. J’ai donc réfléchi à la possibilité de participer à un échange, je me suis renseigné sur la marche à suivre et j’ai posé ma candidature. J’ai été accepté. J’avais alors seize ans. Puisque j’avais fait un an d’allemand, je pensais, comme mon conseiller pédagogique, que je serais envoyé en Allemagne. Ce programme d’échange prenait en compte tous les renseignements fournis, les comparait aux familles d’accueil potentielles puis vous attribuait un pays.

J’ai été affecté au Brésil et j’ai accepté cette destination. J’ai vécu chez une merveilleuse famille de Sao Paulo. Il y avait six garçons et une fille, comme dans ma famille. Heureusement, ils parlaient anglais. Cela s’est avéré être une très bonne expérience bien que je ne sois là que pour l’été.

Pendant mon séjour au Brésil, je me suis fait des amis qui étaient à une époque de leur vie où ils se livraient à de l’expérimentation. Ils ont commencé à m’inviter à sortir avec eux pour s’amuser avec des jeunes filles qu’ils rencontraient.

J’étais à des milliers de kilomètres de chez moi, dans un pays où personne, à part ma famille d’accueil, ne me connaissait. Les amis qui m’invitaient à leurs sorties utilisaient l’expression : « Personne ne le saura jamais ». À bien des égards, c’était vrai. Il est certain que personne de ma famille américaine ne le saurait jamais. J’étais adolescent, loin de chez moi, on me proposait de faire quelque chose de mal et personne ne le saurait jamais.

Mais je savais que je le saurais. Je savais que le Seigneur le saurait. J’ai donc décliné leurs invitations et j’ai continué de le faire. Ils ont insisté, certains de pouvoir me convaincre. Ce n’était pas une difficulté à surmonter une seule fois mais chaque fois que je déclinais une invitation ; j’étais encore plus résolu à tenir bon.

Les fausses excuses de Satan

« Personne ne le saura jamais » est une fausse excuse que Satan utilise contre nous. C’est un mensonge. Je l’ai découvert personnellement pendant l’été que j’ai passé au Brésil. En fait, c’est en se faisant prendre à ce piège de Satan que beaucoup de personnes en arrivent à des choses telles que la pornographie sur l’Internet. Elles pensent qu’elles peuvent le faire sans que personne ne le sache jamais. Mais dans tous les cas, elles le savent et Dieu aussi.

Ne vous laissez jamais prendre par ce mensonge dans aucun aspect de votre vie. Je suis reconnaissant d’avoir pu reconnaître ce raisonnement fallacieux et de ne pas avoir cédé. L’Esprit m’a aidé à ressentir ce qui est vrai. Je me fiais également au fait que je savais ce qui est bien grâce à ce que j’avais appris dans ma famille. Mes parents m’avaient enseigné la vérité. J’avais appris la vérité à la Primaire, à l’École du Dimanche, à la Prêtrise d’Aaron et au séminaire. Ce fondement de l’Évangile se trouvait dans mon foyer, dans l’éducation que j’avais reçue et dans les leçons de l’Église.

Lors de ce programme d’échange, la tentation provenait de l’extérieur, d’amis obstinés. C’était une attaque externe contre mes croyances et j’ai réussi à rester ferme. Mais d’autres expériences m’ont permis d’apprendre que nous sommes éprouvés de toutes parts. Certaines des plus grandes difficultés sont intérieures, lorsque les tentations auxquelles nous devons résister s’exercent dans le secret de notre cœur et de notre esprit.

Mettre le Seigneur à l’épreuve

L’une de ces difficultés consistait à choisir de payer honnêtement la dîme lorsque je n’étais pas dans ma famille. Tous les ans mon père nous emmenait au règlement de la dîme. Il nous aidait à calculer notre dîme et nous la payions. Pendant toute mon enfance, j’ai pris l’habitude de payer la dîme. Si l’on me l’avait demandé à l’époque, j’aurais dit que j’avais un témoignage de la dîme.

À l’issue de mes études secondaires, j’ai été accepté à Harvard. J’ai donc travaillé pendant l’été pour gagner l’argent nécessaire pour les dépenses qui n’étaient pas couvertes par ma bourse. À la fin du premier semestre, j’avais sottement dépensé tout l’argent que j’avais gagné pour l’année entière.

Au début du deuxième semestre, j’ai trouvé un emploi. Je ne pouvais pas travailler beaucoup parce que j’étudiais à plein temps mais j’ai travaillé quelques heures par semaine et j’ai reçu mon premier chèque. Ce n’était pas grand-chose mais c’était tout ce que j’avais pour tenir jusqu’à la prochaine paie.

Je me suis alors posé la question : « Et la dîme ? » J’avais l’habitude de payer la dîme mais j’avais toujours eu assez d’argent pour la payer. À présent je devais prendre une décision difficile : est-ce que je paie ma dîme alors que je ne sais pas si j’ai assez d’argent pour tenir les deux prochaines semaines ?

En y réfléchissant, je me suis souvenu de Malachie 3:10, qui contient la promesse suivante du Seigneur : « Mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit l’Éternel des armées. Et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance. »

Je me suis rendu compte que c’était ma réponse. J’allais laisser faire le Seigneur. J’ai payé la dîme, ne sachant pas si j’avais assez d’argent pour tenir jusqu’au prochain chèque. Et il s’est produit un miracle. J’ai tenu ces deux semaines.

Cela m’a démontré avec force que le Seigneur tient parole. Le Seigneur avait fait ce qu’il avait promis. Comme les Écritures le disent, si nous payons la dîme, il nous bénit. Le même miracle s’est produit toutes les deux semaines pendant le reste du semestre. Auparavant, je croyais avoir un témoignage de la dîme mais à présent, grâce à la bonne décision que j’avais prise, j’en avais un témoignage puissant. Le Seigneur fait toujours ce qu’il dit. Mon témoignage continuait donc de grandir peu à peu.

Croire le Seigneur

Je vous invite, vous qui êtes dans l’adolescence et qui acquérez votre témoignage, à prendre le Seigneur au mot. Lorsque le Seigneur promet quelque chose, nous pouvons en être sûrs car, comme nous l’enseignent les Écritures, Dieu ne peut mentir. Le Seigneur tient parole. Que la promesse du Seigneur soit donnée par l’intermédiaire de son prophète ou directement à travers ses Écritures, nous pouvons en être sûrs.

Les Écritures nous recommandent de nous tourner vers le Seigneur. « Demandez, et vous recevrez ; frappez, et l’on vous ouvrira ; car quiconque demande, reçoit ; et l’on ouvre à celui qui frappe » (3 Néphi 27:29).

Grâce à cette expérience et à d’autres, j’ai appris que cette Écriture est vraie. Notre Père céleste est toujours là pour nous. Que notre difficulté vienne de l’extérieur ou de l’intérieur, son plan, ses Écritures, son amour et son don du Saint-Esprit nous permettront d’en venir à bout.

J’ai appris que nous allons être mis à l’épreuve de toutes parts. Certaines des plus grandes difficultés sont intérieures, dans le secret de notre cœur et de notre esprit.

J’ai payé la dîme ne sachant pas si j’avais assez d’argent pour tenir jusqu’au prochain chèque. Et il s’est produit un miracle. J’ai tenu ces deux semaines.

Illustrations Dan Burr