2010-2019
Dieu essuiera toute larme
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Dieu essuiera toute larme

« Si nous faisons preuve de foi en lui, le Sauveur nous édifiera, nous aidera à traverser nos épreuves et, à la fin, nous sauvera dans le royaume céleste. »

Dans son plan, notre Père céleste a permis que le chagrin fasse partie de notre expérience mortelle1. Il semble que les épreuves douloureuses s’abattent de manière inégale sur nous, mais nous pouvons avoir l’assurance qu’à un degré ou un autre, nous souffrons et connaissons tous des difficultés. Je prie pour que le Saint-Esprit nous guide vers une plus grande compréhension des raisons pour lesquelles il doit en être ainsi.

Quand nous regardons les expériences difficiles de la vie à travers le prisme de la foi en Christ, nous sommes capables de voir qu’il y a un but divin à nos souffrances. Les fidèles peuvent connaître la véracité du conseil, contradictoire en apparence, de Pierre lorsqu’il a écrit : « Quand vous souffririez pour la justice, vous seriez heureux2. » Si nous appliquons notre « cœur pour avoir l’intelligence3 », nous pouvons augmenter notre capacité à bien supporter nos épreuves, à en tirer des enseignements et à être raffinés par elles. Cette compréhension répond à l’éternelle question : « Pourquoi arrive-t-il de mauvaises choses à de braves gens ? »

Toutes les personnes qui écoutent aujourd’hui connaissent à un certain degré la solitude, le désespoir, le chagrin, la douleur ou la tristesse. Sans « l’œil de la foi4 » et la compréhension de la vérité éternelle, nous trouvons souvent que la misère et la souffrance que nous rencontrons dans la condition mortelle peuvent obscurcir ou éclipser la joie éternelle de savoir que le grand plan de notre Père céleste est réellement le plan éternel du bonheur. Il n’existe aucun autre moyen de recevoir une plénitude de joie5.

Dieu nous invite à réagir avec foi à nos afflictions afin de pouvoir en récolter les bénédictions cachées et obtenir une connaissance qui ne peut être apprise autrement. Il nous est enseigné de garder les commandements en toutes circonstances, car « la récompense de celui qui est fidèle dans les tribulations est plus grande dans le royaume des cieux6 ». Et comme nous lisons dans les Écritures : « Si tu es triste, invoque le Seigneur, ton Dieu, en supplications afin que ton âme soit dans la joie7. »

L’apôtre Paul qui a, lui aussi, connu des afflictions, s’est appuyé sur sa propre expérience pour enseigner avec profondeur et beauté la perspective éternelle que nous acquérons quand nous supportons bien et patiemment. Il a dit : « Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire8. » En d’autres termes, nous pouvons savoir au milieu de nos afflictions que Dieu a prévu une récompense éternelle en compensation.

La façon dont Paul qualifie les épreuves, les persécutions et les peines de sa vie de « légères afflictions » minimise la dureté de ses souffrances qui, pour lui, ont été englouties dans la perspective éternelle de l’Évangile. La foi de Paul en Jésus-Christ lui a permis de supporter toutes choses. Cinq fois il a été frappé ; trois fois battu de verges ; une fois lapidé ; trois fois naufragé ; il a souvent été en danger de mort par noyade, par des voleurs, par de faux frères ; il a souffert l’épuisement et la douleur, la faim et la soif ; il a été jeté nu en prison dans le froid9.

Il est arrivé à beaucoup d’entre nous de supplier Dieu de nous débarrasser de la cause de nos souffrances et quand l’aide que nous avions demandée n’est pas venue, nous avons été tentés de penser qu’il ne nous écoutait pas. Je témoigne que même dans ces moments, Il entend nos prières, Il a une raison de permettre à nos afflictions de continuer10 et Il nous aidera à les supporter11.

Dans un passage intime et révélant sa pensée profonde, Paul nous parle, sans la décrire, d’une « écharde » dans sa chair qui le faisait grandement souffrir, le poussant à s’agenouiller trois fois pour supplier le Seigneur de la lui ôter. En réponse à sa prière, le Seigneur n’a pas retiré l’écharde mais lui a procuré une paix et une compréhension intérieure quand il a dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. » Cette compréhension nouvelle a permis à Paul d’accepter l’écharde qui lui avait été donnée et d’en être reconnaissant. Il a dit :« Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi12. »

Si nous acquérons cette perspective éternelle dans notre vie, notre aptitude à persévérer grandira, nous apprendrons comment secourir les personnes qui ont besoin d’être secourues13, nous apprécierons les expériences que Dieu permet que nous ayons comme des tuteurs sur le chemin de la vie éternelle, et nous l’en remercierons même.

Quand il arrive que nous avancions avec peine au milieu des tribulations, nous pouvons avoir du mal à considérer nos épreuves comme des jalons sur notre sentier personnel de disciple. Mais, que nous soyons tantôt dans la vallée ténébreuse du désespoir, tantôt sur la grand-route du bonheur, ce peut être une bénédiction de tirer des leçons des souffrances des autres, et d’éprouver de la compassion pour eux.

Lors d’une conférence de pieu aux Philippines à laquelle j’ai assisté, j’ai eu le cœur brisé en apprenant la tragédie qu’a vécue Daniel Apilado. Frère Apilado et sa femme se sont faits baptiser en 1974. Ils ont accepté l’Évangile rétabli et ont été scellés dans le temple. Ensuite, ils ont eu la bénédiction d’avoir cinq magnifiques enfants. Le 7 juillet 1997, époque à laquelle frère Apilado était président de pieu, un incendie s’est déclaré dans leur petite maison. Michael, le fils aîné de frère Apilado, est allé au secours de son père et l’a tiré de la maison en flammes, puis s’est précipité de nouveau pour secourir les autres. C’est la dernière fois que frère Apilado a vu son fils vivant. Les flammes ont emporté sa femme, Dominga, et chacun de leurs cinq enfants.

Le fait que frère Apilado menait une vie agréable à Dieu quand la tragédie a frappé n’a pas empêché qu’elle se produise, ni ne lui a évité la tristesse qui a suivi. Mais sa fidélité à respecter ses alliances et à exercer sa foi en Christ lui a donné l’assurance de la promesse qu’il serait réuni de nouveau avec sa femme et sa famille. Cette espérance est devenue une ancre pour son âme14.

Lors de ma visite, frère Apilado, aujourd’hui patriarche de pieu, m’a présenté sa nouvelle femme, Simonette, et leurs deux fils, Raphael et Daniel. Jésus-Christ peut véritablement « guérir ceux qui ont le cœur brisé15 » et il le fera.

En racontant l’histoire de frère Apilado, je crains que l’immensité de ce qu’il a perdu pousse beaucoup de personnes à se dire que leurs propres tristesses et souffrances sont peu de chose en comparaison. Ne comparez pas mais cherchez à apprendre et à appliquer des principes éternels tandis que vous traversez la fournaise de vos propres afflictions.

À « vous tous qui êtes fatigués et chargés16 », j’aimerais dire que vos difficultés personnelles, vos peines, vos sentiments de solitude, de deuil, de désespoir, vos douleurs, tribulations et infirmités de toutes sortes sont tous connus de notre Père céleste et de son Fils. Prenez courage ! Ayez foi ! Et croyez aux promesses de Dieu !

Le but et la mission de Jésus-Christ étaient, entre autres, de prendre sur lui les souffrances et les maladies de son peuple, de prendre sur lui ses infirmités et de le secourir selon ses infirmités17.

Pour recevoir pleinement ces dons que notre Sauveur a offerts si gracieusement, nous devons tous apprendre qu’en soi, la souffrance ne nous enseigne ni ne nous accorde rien qui ait une valeur durable, à moins que nous ne nous engagions délibérément dans le processus par lequel nous tirerons des enseignements de nos afflictions grâce à l’exercice de la foi.

Neal A. Maxwell a une fois expliqué ce que lui a enseigné une souffrance donnée à dessein, en ces termes :

« Certaines formes de souffrance, bien supportées, peuvent réellement ennoblir. […]

Bien supporter consiste en partie à être suffisamment humbles, au milieu de nos souffrances, pour apprendre de nos expériences personnelles. Nous ne devons pas seulement traverser ces épreuves, mais nous devons leur permettre de nous pénétrer […] de manière à ce qu’elles [nous sanctifient]18. »

Dans la vie et l’exemple d’autres personnes, j’ai observé que l’exercice d’une foi ferme et constante en Jésus-Christ, et dans ses promesses, produit une espérance certaine de choses meilleures à venir. Cette espérance certaine nous stabilise en nous apportant la force et le pouvoir dont nous avons besoin pour persévérer19. Quand nous réussissons à associer notre souffrance à l’assurance du but de notre existence mortelle et, plus spécifiquement, à la récompense qui nous attend dans des lieux célestes, notre foi en Christ augmente et nous recevons du réconfort en notre âme.

Alors, nous pouvons voir la lumière à la sortie du tunnel. Jeffrey R. Holland a enseigné : « Il y a réellement de la lumière au bout du tunnel. C’est la lumière du monde, l’étoile brillante du matin, ‘une lumière qui est sans fin, qui ne peut jamais être obscurcie’ [Mosiah 16:9]. II s’agit du Fils de Dieu, lui-même20. »

Nous pouvons puiser de la force dans la connaissance que toutes les expériences difficiles de cette vie sont temporaires, que même les nuits les plus sombres font place à l’aube pour les fidèles.

Une fois que tout sera fini et que nous aurons supporté tout avec foi en Jésus-Christ, nous avons la promesse que : « Dieu essuiera toute larme de [nos] yeux21. »

Je témoigne que Dieu, notre Père, et son Fils, Jésus-Christ, vivent et qu’ils tiennent leurs promesses. Je témoigne que le Sauveur nous invite tous à venir et à prendre part à son expiation. Si nous faisons preuve de foi en lui, il nous édifiera, nous aidera à traverser nos épreuves et, à la fin, nous sauvera dans le royaume céleste. Je vous invite à aller au Christ, à bien supporter dans la foi, à être rendus parfaits et à obtenir une joie parfaite en lui. Au nom sacré de Jésus-Christ. Amen.