Message à mes petits-fils
    Notes de bas de page
    Theme

    Message à mes petits-fils

    J’espère que chacun de vous deviendra un homme de Dieu. Vous le deviendrez par des œuvres de justice.

    Mes frères, ce soir, je voudrais vous parler comme je parlerais à mes petits-fils. J’espère que ce que j’ai à dire s’appliquera à tous les jeunes détenteurs de la prêtrise de partout. En pensant à cette grande assemblée et aussi aux milliers d’autres frères qui se sont joints à nous par satellite, cela me rappelle que la grande bénédiction de détenir la prêtrise de Dieu est réservée à un nombre relativement restreint, compte tenu des milliards de personnes qui vivent sur la terre. Détenir la prêtrise est un grand honneur ; pourtant n’importe quel homme ou garçon de plus de douze ans digne dans l’Eglise peut la recevoir.

    La prêtrise est l’autorité déléguée à l’homme d’exercer le ministère au nom de Dieu. C’est un pouvoir que personne ne peut assumer de sa propre initiative. Comme Paul l’a dit : « Nul ne s’attribue cette dignité, s’il n’est appelé de Dieu, comme le fut Aaron1. » C’est une autorité qu’aucun pouvoir humain ne peut créer.

    Peter, un jeune prêtre, parle d’une expérience qui lui a enseigné que le pouvoir de la prêtrise est bien réel. Un jeune converti de sa paroisse en Ontario (Canada) a été soutenu comme instructeur dans la Prêtrise d’Aaron, et Peter a été invité à être le porte-parole dans l’ordination. Il écrit : « Je n’avais encore jamais fait l’imposition des mains à personne et je ne me sentais absolument pas à la hauteur. Mais l’Esprit m’a assuré que c’était bien que je le fasse…

    « Le jeune homme à ordonner s’est assis sur la chaise et je me suis mis directement derrière lui. [Notre président des Jeunes Gens] m’a guidé pour la prière d’ordination et j’ai répété chaque mot qu’il a dit. Une fois l’ordination terminée et après que nous avons dit : ‘… et nous souhaitons te donner maintenant une bénédiction…’ [le président des Jeunes Gens] m’a regardé et m’a fait signe que je devais continuer tout seul.

    « À ce moment-là, la prêtrise a entièrement changé de signification pour moi. Elle n’était plus un simple titre, mais l’autorité réelle d’agir au nom de Dieu, et je donnais cette autorité à quelqu’un d’autre. J’ai fait une pause et j’ai attendu que l’Esprit me chuchote ce que je devais dire. Il est difficile de décrire les sentiments que j’ai eus ce jour-là pendant la bénédiction, mais je peux dire que j’ai maintenant un témoignage plus fort que le pouvoir de la prêtrise est réel2. »

    Jeunes gens, vous vous réjouissez sans aucun doute de recevoir la prêtrise supérieure ou Prêtrise de Melchisédek. Joseph Smith, le prophète, a dit à propos de cette prêtrise supérieure : « Elle fut instituée avant ‘la fondation de la terre, avant que les étoiles du matin eussent éclaté en chants d’allégresse, et que les fils de Dieu eussent poussé des cris de joie’, et c’est la prêtrise la plus haute et la plus sainte, elle est selon l’ordre du Fils de Dieu3. »

    En tant que détenteurs de la prêtrise nous sommes agents du Seigneur. Il a parlé de cette intendance sacrée aux anciens de l’Église à Kirtland en 1831 : « C’est pourquoi, puisque vous êtes agents, vous êtes en mission pour le Seigneur, et tout ce que vous faites selon la volonté du Seigneur constitue les affaires du Seigneur4. »

    Le président Hinckley nous a souvent rappelé que l’œuvre missionnaire est essentiellement une responsabilité de la prêtrise. C’est un grand honneur et une grande responsabilité que d’être appelé à servir le Seigneur dans l’œuvre missionnaire. Ce service apporte une joie durable bien qu’il puisse également parfois être difficile et décourageant. Ma mission a changé le cours de ma vie. Elle a été l’une des plus grandes expériences que j’aie jamais eues. Faire une mission nous prépare pour l’œuvre du reste de notre vie et pour notre œuvre éternelle.

    J’espère que chacun de vous deviendra un homme de Dieu. Vous le deviendrez par des œuvres de justice. Vous honorerez et magnifierez votre prêtrise et, comme l’apôtre Paul l’a dit, « recherche[z] la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur5. »

    Il n’est pas toujours facile de suivre un plan juste et d’être obéissant aux lois de la société et aux lois du Seigneur. Mais en fin de compte, le respect des règles reste la meilleure façon d’obtenir tout ce que le Seigneur a promis.

    Nous sommes tous responsables de nos actes. Mon expérience d’homme de loi m’a appris que les gens qui mènent une vie de délits rendent souvent leur père, leur mère ou la société responsables quand ils sont emprisonnés. Pourtant ils ont obstinément choisi d’agir « à l’encontre de la nature de Dieu » et sont par conséquent « dans un état contraire à la nature du bonheur6 ». Certains d’entre eux prétendent même : « C’est le diable qui m’a incité à le faire ! » Ce qui est vrai là-dedans, c’est que le diable nous incite à faire le mal7. Mais il y a aussi de la fausseté : en effet nous avons le libre arbitre. Le diable ne peut pas nous obliger à faire ce que nous décidons de ne pas faire8.

    Nous pouvons tous rencontrer des pièges, que ce soit dans notre jeunesse, à l’âge mûr ou dans la vieillesse. Comme quelqu’un l’a un jour observé : « Dans notre jeunesse nous allons vers les difficultés, dans la vieillesse les difficultés viennent à nous !9 » La permissivité plus grande de notre société nous oblige à nous accrocher fermement à la barre de fer de la justice afin de recevoir les bénédictions et la protection du Seigneur. C’est courir un grand risque que de flirter avec les tentations de Satan. Nous devrons nous protéger contre toutes les formes du mal tous les jours de notre vie.

    Vous tous, jeunes gens qui détenez la prêtrise, vous avez le devoir de respecter les femmes. Quand vous sortez avec les belles jeunes filles de l’Église, vous avez le devoir de protéger leur sécurité et leur vertu physiques. La prêtrise que vous détenez vous donne la responsabilité plus grande de veiller à ce que les principes moraux élevés de l’Eglise soient toujours respectés. Vous êtes suffisamment intelligents pour ne pas vous approcher du bord de la tentation sexuelle. Vous perdrez une partie de ce qui est sacré en vous si vous allez au-delà du bord et faites mauvais usage des grands pouvoirs de la procréation. Comment pouvons-nous espérer jouer un grand rôle dans le temps ou l’éternité si nous ne sommes pas capables de nous maîtriser ? Une des plus grandes bénédictions de la vie et de l’éternité est d’être marié avec une femme juste qui aime le Seigneur, qui vous aime et qui respecte la prêtrise. C’est ce que m’ont appris soixante ans de mariage avec ma femme, Ruth.

    Les amis et les connaissances ajoutent beaucoup à la richesse de la vie, mais ces relations peuvent être provisoires. Personne ne vous aime plus ni ne se soucie davantage de votre bien-être que vos parents. Vous pouvez mettre en doute ce qu’ils vous disent mais vous ne pouvez pas douter de leur amour pour vous ni de leur intérêt pour votre bien-être.

    Le moment viendra, jeunes gens, où vous aurez la responsabilité de vous occuper d’une femme et d’enfants qui dépendront de vous. Quand vous vous marierez, vous serez responsables du bien-être de votre femme puis du bien-être de vos enfants quand vous fonderez une famille. Le mariage et la paternité peuvent vous apporter un grand bonheur et une grande joie éternels. Comme Joseph F. Smith l’a dit, c’est sur la vie de famille « que le gouvernement de l’Église est basé et perpétué10. » Pour trouver un épanouissement sublime au foyer, les deux partenaires doivent être totalement engagés vis-à-vis du mariage. David O. McKay a dit un jour : « Dès l’instant où l’on fait passer ses affaires ou son plaisir avant son foyer, on se lance sur la pente de la faiblesse de l’âme11. »

    Il y en a, parmi vous, qui sont bien partis pour réaliser certains de leurs buts dans la vie. Nous sommes fiers d’eux. Mon père m’a dit un jour qu’il pensait qu’il serait arrivé quand il sortirait de la faculté de droit. Il a dit que dans un sens son diplôme n’était en réalité que le commencement de plus grands défis. Nous ne serons jamais arrivés ni ne serons à l’abri des difficultés du monde dans cette vie.

    Nous vivons à une époque de spécialisation. Quand j’étais enfant, beaucoup de gens avaient des Ford T. Par rapport aux voitures modernes, elles avaient une mécanique relativement simple. Beaucoup de gens pouvaient réparer eux-mêmes leur voiture en rectifiant les soupapes, en remplaçant les segments des pistons, en mettant de nouvelles plaquettes de frein et en utilisant une quantité généreuse de ficelle d’emballage. De nos jours, les voitures sont si sophistiquées que la personne moyenne en sait très peu sur la façon de les réparer. Les mécaniciens d’aujourd’hui ont recours à l’ordinateur pour diagnostiquer les problèmes de moteur. Je mentionne cet exemple pour vous inciter, jeunes gens, à acquérir la formation et l’instruction pour être à la hauteur. La formation technique est très importante et cela vaut aussi pour les branches des études supérieures. Toutes les branches nécessitent une spécialisation.

    Peu m’importe le métier que vous choisissez dans la vie à condition qu’il soit honorable. À vous de décider comment vous allez pourvoir aux besoins de votre famille. L’acquisition d’une compétence est une bonne manière de payer les factures mais il faut vraiment qu’il y ait quelque chose de plus en fait d’implication personnelle. Ne vous préoccupez pas des choses matérielles de la vie au point de perdre l’essence de votre humanité. Souvenez-vous de Jacob Marley, le personnage de Dickens, qui regrette son obsession pour le travail quand il s’exclame : « Le commerce ? C’était l’humanité qui était mon commerce ! C’était son bien-être commun qui était mon commerce12. » Chacun de nous doit faire quelque chose pour fortifier la société, en particulier en accomplissant l’œuvre de Dieu.

    J’ai appris que pour ceux d’entre nous qui détiennent la prêtrise la meilleure formule du succès est : « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par- dessus13. » Le succès ne viendra pas immédiatement parce qu’il exige de la préparation et beaucoup de travail. Il n’y a vraiment pas de raccourci vers le succès.

    Chacun de nous est une création unique de notre Père céleste. Il n’y a pas deux d’entre nous qui soient complètement semblables. Personne d’autre n’a exactement les mêmes dons et les mêmes talents que ceux qui nous ont été donnés. Nous devons cultiver ces talents et ces dons et les utiliser pour multiplier ce qu’il y a d’unique en nous. Par exemple, quand j’étais jeune, il y avait dans mon quartier un excellent jeune homme qui n’était pas un savant mais qui faisait de beaux meubles de ses mains. Nous avons tous deux été appelés sous les drapeaux le même jour. Il ne pouvait pas apprendre à faire son lit au carré, mais il pouvait faire de petites merveilles avec des morceaux de bois. Comme l’a dit Howard W. Hunter : « Il y en a qui pensent que le talent, la créativité, la stabilité morale ou la grandeur n’appartiennent pas à la jeunesse, mais sont réservés aux gens plus âgés. Il n’en est pas ainsi14. »

    Jeunes gens, vous avez un avenir prometteur. Vous êtes bénéficiaires d’une connaissance que le monde n’a encore jamais eue. Cette connaissance vous permettra de contribuer à l’avenir du commerce, de l’industrie, de l’agriculture modernes et des professions libérales. Vous pouvez être parmi ceux qui défendront un mode de vie sur les champs de bataille. Vous serez parmi ceux qui répandent les principes de l’Évangile dans le monde et aident l’Église à grandir.

    Maintenant, mes chers petits-fils, et vous tous, jeunes gens formidables qui m’entendez, allez de l’avant. Allez de l’avant avec foi et justice, en suivant la direction de notre prophète, Gordon B. Hinckley. Si vous le faites, le Seigneur vous fortifiera et vous magnifiera de sorte que vous accomplirez de grandes choses. Je témoigne de la grande et profonde influence que la prêtrise a eue sur ma vie. Pendant toutes ces longues années de ma vie j’ai essayé de ne pas cacher qui je suis et ce que je crois. Je ne peux pas me rappeler un seul cas où le fait de reconnaître humblement que j’étais membre de l’Église m’ait fait perdre des amis précieux. Je vous rends témoignage et vous donne ma bénédiction aujourd’hui, au nom de Jésus-Christ. Amen.