L’un de ces plus petits
    Notes de bas de page

    L’un de ces plus petits

    Que personne ne sous-estime la puissance de la foi des saints des derniers jours ordinaires.

    Il y a, dans une révélation rarement citée, donnée en 1838 à Joseph Smith, le prophète, un message pour les saints des derniers jours. « Je me souviens de mon serviteur Oliver Granger ; voici, en vérité, je lui dis que son nom sera tenu en mémoire sacrée de génération en génération, pour toujours et à jamais, dit le Seigneur » (D&A 117:12).

    Oliver Granger était un homme tout à fait ordinaire. Il était quasiment aveugle, ayant « perdu la vue à cause de l’exposition au froid » (History of the Church 4:408-409). La Première Présidence le décrivait comme un homme « d’une intégrité et d’une vertu morale absolument strictes et, en bref, comme un homme de Dieu » (History of the Church 3:350).

    Lorsque les saints ont été chassés de Kirtland (Ohio) dans un scénario qui allait se répéter à Independence, Far West et Nauvoo, Oliver a été laissé en arrière pour vendre leurs biens pour le peu qu’il pouvait en obtenir. Il n’avait pas beaucoup de chances de réussir. Et, en fait, il n’a pas réussi !

    Mais le Seigneur a dit : « Qu’il combatte avec ardeur pour la rédemption de la Première Présidence de mon Église, dit le Seigneur, et lorsqu’il tombera, il se relèvera, car son sacrifice sera plus sacré pour moi que son accroissement, dit le Seigneur » (D&A 117:13).

    Qu’a fait Oliver Granger pour que son nom soit tenu en mémoire sacrée ? En fait pas grand chose. Ce n’était pas tellement ce qu’il faisait, mais plutôt ce qu’il était.

    Lorsque nous rendons hommage à Oliver, une grande partie du mérite, et peut-être même la plus grande partie du mérite, devraient aller à Lydia Dibble Granger, sa femme.

    Oliver et Lydia finirent par quitter Kirtland pour rejoindre les saints à Far West (Missouri). Ils n’avaient fait que quelques kilomètres à l’extérieur de Kirtland lorsqu’ils furent repoussés par des émeutiers. Ce n’est que plus tard qu’ils rejoignirent les saints à Nauvoo.

    Oliver mourut à l’âge de 47 ans, laissant à Lydia le soin de s’occuper de leurs enfants.

    Le Seigneur n’attendait pas d’Oliver qu’il soit parfait, peut-être même pas qu’il réussisse. « Lorsqu’il tombera, il se relèvera, car son sacrifice sera plus sacré pour moi que son accroissement, dit le Seigneur » (D&A 117:13).

    Nous ne pouvons pas toujours nous attendre à réussir, mais nous devons faire de notre mieux.

    « Car moi, le Seigneur, je jugerai tous les hommes selon leurs œuvres, selon le désir de leur cœur » (D&A 137:9).

    Le Seigneur a dit à l’Église :

    « Lorsque je donne le commandement à des fils des hommes de faire une œuvre pour mon nom, et que ces fils des hommes consacrent toutes leurs forces et tout ce qu’ils ont à accomplir cette œuvre et ne cessent d’être diligents, si leurs ennemis tombent sur eux et les empêchent d’accomplir cette œuvre, voici, il me convient de ne plus la requérir de ces fils des hommes, mais d’accepter leurs offrandes…

    « Et je vous donne cela comme exemple pour votre consolation concernant tous ceux qui ont reçu le commandement de faire une œuvre et qui en ont été empêchés par leurs ennemis et par l’oppression, dit le Seigneur, votre Dieu » (D&A 124:49, 53 ; voir aussi Mosiah 4:27).

    Les quelques saints des derniers jours ordinaires qui se trouvaient à Kirtland sont aujourd’hui devenus des millions de par le monde. Ils parlent une multitude de langues mais sont unis dans la foi et la compréhension grâce au langage de l’Esprit.

    Ces membres fidèles font et respectent leurs alliances et s’efforcent d’être dignes d’entrer dans le temple. Ils croient aux prophéties et soutiennent les dirigeants de paroisse et de branche.

    Comme Oliver, ils soutiennent la Première Présidence et le Collège des douze apôtres et acceptent ce que le Seigneur a dit : « Si mon peuple écoute ma voix et la voix des serviteurs que j’ai désignés pour diriger mon peuple, voici, en vérité, je vous le dis, ils ne seront pas enlevés de leur place » (D&A 124:45).

    Dans la révélation donnée comme préface aux Doctrine et Alliances, le Seigneur explique qui va faire son oeuvre. Écoutez attentivement pendant que je lis cette révélation et réfléchissez à la confiance que le Seigneur met en nous :

    « C’est pourquoi, moi, le Seigneur, connaissant la calamité qui s’abattra sur les habitants de la terre, j’ai fait appel à mon serviteur Joseph Smith, fils, lui ai parlé du haut des cieux et lui ai donné des commandements.

    « Et j’ai aussi donné à d’autres le commandement de proclamer toutes ces choses au monde, afin que s’accomplisse ce qui a été écrit par les prophètes :

    « Les choses faibles du monde s’avanceront pour abattre les puissantes et les fortes, afin que l’homme ne conseille pas son semblable et ne place pas sa confiance dans le bras de la chair. »

    Le verset suivant prévoit que la prêtrise doit être conférée à des hommes et à des garçons ordinaires et dignes :

    « Afin que chacun parle au nom de Dieu, le Seigneur, le Sauveur du monde…

    « afin que la plénitude de mon Évangile soit proclamée par les faibles et les simples jusqu’aux extrémités du monde et devant les rois et les gouverneurs.

    « Voici, je suis Dieu, et je l’ai dit ; ces commandements sont de moi et ont été donnés à mes serviteurs dans leur faiblesse, selon leur langage, afin qu’ils les comprennent.

    « Afin que, s’ils ont commis des erreurs, elles soient révélées ;

    « que, s’ils ont cherché la sagesse, ils soient instruits ;

    « que, s’ils ont péché, ils soient corrigés afin de se repentir ;

    « que, s’ils ont été humbles, ils soient rendus forts, soient bénis d’en haut et reçoivent de temps en temps de la connaissance » (D&A 1:17-20, 23-28 ; italiques ajoutés).

    Maintenant une nouvelle génération de jeunes s’avance. Nous voyons en elle une force qui dépasse ce que nous avons vu jusqu’ici. La boisson, la drogue, l’immoralité n’ont pas place dans leur vie. Ils s’unissent dans l’étude de l’Évangile, les activités en société et le service.

    Ils ne sont pas parfaits. Pas encore. Ils font de leur mieux et ils sont plus forts que les générations qui les ont précédés.

    Comme le Seigneur l’a dit à Oliver Granger, « lorsqu’il[s] tomber[ont], il[s] se relèver[ont], car [leur] sacrifice sera plus sacré pour moi que [leur] accroissement » (D&A 117:13).

    Il en est qui se font sans cesse du souci parce qu’ils n’ont pas fait de mission, qu’ils ont raté leur mariage, qu’ils n’ont pas eu d’enfants ou qu’ils ont des enfants qui semblent être perdus, des rêves qui ne se sont pas réalisés ou que parce qu’à cause de leur âge ils sont limités dans ce qu’ils peuvent faire. Je ne pense pas qu’il soit agréable au Seigneur que nous nous fassions du souci parce que nous pensons que nous n’en faisons jamais assez ou que ce que nous faisons ne suffit jamais.

    Il en est qui portent inutilement un lourd fardeau de culpabilité qui pourrait être éliminé par la confession et le repentir.

    Le Seigneur n’a pas dit à propos d’Oliver : « s’il tombe », mais : « Lorsqu’il tombera, il se relèvera » (D&A 117:13 ; italiques ajoutés).

    Il y a quelques années, aux Philippines, nous sommes arrivés tôt pour une conférence. Sur le trottoir étaient assis un père, une mère et quatre jeunes enfants habillés de leurs vêtements du dimanche. Ils avaient fait plusieurs heures en bus et prenaient leur premier repas de la journée. Chacun d’eux mangeait un épi de maïs bouilli et froid. Le prix du voyage en bus jusqu’à Manille avait probablement été pris sur leur budget nourriture.

    Tandis que j’observais cette famille, mon cœur s’est rempli d’émotion. C’est là qu’est l’Église. C’est là qu’est le pouvoir. C’est là qu’est l’avenir. Comme les familles de nombreux pays, ils payent leur dîme, soutiennent leurs dirigeants et font de leur mieux pour servir.

    Il y a plus de quarante ans que nous parcourons la terre, ma femme et moi. Nous connaissons probablement des membres de l’Église dans une centaine de pays. Nous avons ressenti le pouvoir qui résidait dans leur foi toute simple. Leur témoignage et leurs sacrifices ont eu un effet profond sur moi.

    Je n’aime pas recevoir des honneurs. Les compliments me dérangent toujours, parce que c’est de membres ordinaires qu’a dépendu dans le passé, que dépend maintenant et que dépendra dans l’avenir la grande œuvre de la propagation de l’Évangile.

    Nous n’attendons pas, ma femme et moi, de récompense plus grande pour nous-mêmes que celle qui sera donnée à nos enfants ou à nos parents. Nous ne poussons pas nos enfants à se fixer pour but dans la vie d’être des personnes éminentes et bien connues dans le monde ou même dans l’Église, et nous ne le voulons pas vraiment pour eux. Cela a tellement peu à voir avec la valeur de l’âme. Ils réaliseront nos rêves s’ils vivent l’Évangile et élèvent leurs enfants dans la foi.

    Comme Jean, « [nous n’avons] pas de plus grande joie que d’apprendre que [nos] enfants marchent dans la vérité » (3 Jean 1:4).

    Il y a quelques années, lorsque j’étais président de la mission de la Nouvelle-Angleterre, je quittais Fredericton (au Nouveau Brunswick). Il faisait 40° sous zéro. Tandis que l’avion se dirigeait vers la piste d’envol de ce petit aéroport, j’ai vu deux jeunes missionnaires debout à l’extérieur qui faisaient au revoir de la main. Je me suis dit : « Petits sots. Pourquoi ne vont-ils pas à l’intérieur où il fait chaud ? »

    Soudain un sentiment puissant m’a envahi, une révélation : dans ces deux jeunes missionnaires ordinaires se trouve la prêtrise du Tout-Puissant. Je me suis calé dans mon fauteuil, heureux de laisser l’œuvre missionnaire de toute cette province du Canada entre leurs mains. C’est une leçon que je n’ai jamais oubliée.

    Il y a huit semaines, William Walker, des soixante-dix, et moi avons tenu une conférence de zone à Naha pour quarante-quatre missionnaires dans l’île d’Okinawa. Le président Mills, de la mission de Fukuoka (Japon), n’avait pas pu y assister à cause de lée d’un violent typhon. Les jeunes chefs de zone ont dirigé cette réunion avec autant d’inspiration et de dignité que l’aurait fait leur président de mission. Nous sommes partis le lendemain matin sous des rafales de vent, heureux de laisser les missionnaires à leurs soins.

    Récemment, à Osaka ( Japon), Russell Ballard et Henry Eyring, des Douze, et moi, en compagnie de David Sorensen et d’autres des soixante-dix, nous nous sommes réunis avec vingt et un présidents de mission et vingt-six soixante-dix-autorités interrégionales. Parmi les soixante-dix-autorités interrégionales, il y avait frère Subandriyo, de Djakarta (Indonésie), Chu-Jen Chia, de Pékin (Chine), Remus G. Villarete, des Philippines, Won Yong Ko, de Corée, et vingt-deux autres. Deux seulement étaient américains. C’était une réunion de pays, de langues et de peuples. Aucun d’eux n’est payé. Ils remplissent tous leurs fonctions gratuitement, reconnaissants d’être appelés à l’œuvre.

    Nous avons réorganisé des pieux à Okazaki, à Sapporo et à Osaka, au Japon. Les trois nouveaux présidents de pieu et un nombre incroyable de dirigeants sont devenus membres de l’Église dans leur adolescence. La plupart d’entre eux ont perdu leur père à la guerre.

    Yoshihiko Kikuchi, des soixante-dix, fait partie de cette génération.

    Les calamités prédites par le Seigneur s’abattent maintenant sur un monde non repentant. Et immédiatement, génération après génération, les jeunes se présentent. Ils se marient. Ils respectent les alliances faites dans la maison du Seigneur. Ils ont des enfants et ne laissent pas la société fixer des limites à la vie de famille.

    Aujourd’hui, nous accomplissons la prophétie que le « nom [d’Oliver Granger] sera tenu en mémoire sacrée de génération en génération, pour toujours et à jamais » (D&A 117:12). Ce n’était pas un grand homme selon les critères du monde. Néanmoins, le Seigneur a dit : « Que nul ne méprise mon serviteur Oliver Granger, mais les bénédictions… seront sur lui pour toujours et à jamais » (D&A 117:15)

    Que personne ne sous-estime la puissance de la foi des saints des derniers jours ordinaires. Souvenez-vous que le Seigneur a dit : « Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites » (Matthieu 25:40).

    Il a promis : « Le Saint-Esprit sera [leur] compagnon constant et [leur] sceptre, un sceptre immuable de justice et de vérité ; et [leur] domination sera une domination éternelle et, sans moyens de contrainte, elle affluera vers [eux] pour toujours et à jamais » (D&A 121:46).

    Rien ! Aucun pouvoir ne peut arrêter la progression de l’œuvre du Seigneur.

    « Combien de temps des eaux qui coulent peuvent-elles rester impures ? Quel pouvoir arrêtera les cieux ? L’homme pourrait tout aussi bien étendre son bras chétif pour arrêter le Missouri dans son cours fixé ou le faire remonter à sa source qu’empêcher le Tout-Puissant de déverser la connaissance du haut des cieux sur la tête des saints des derniers jours » (D&A 121:33).

    J’en rends un témoignage apostolique, au nom de Jésus-Christ. Amen.