2000-2009
    L’être unique que vous êtes
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    L’être unique que vous êtes

    Commencez à chercher qui vous êtes réellement en vous informant sur vos ancêtres.

    Mes chers frères de la prêtrise de Dieu du monde entier, nous exprimons à chacun de vous notre amour et vous adressons nos salutations où que vous soyez.

    Imaginez avec moi la situation d’une petite orpheline de six ans traversant les plaines d’Amérique du Nord. Elle s’appelle Elsie Ann. Sa mère est morte quand elle avait deux ans. Son père s’est remarié, et pendant quelque temps elle a eu une belle-mère. Puis son père est mort à Winter Quarters quand elle avait cinq ans. Sa belle-mère s’est remariée et a déménagé, laissant cette petite orpheline à Peter et Selina Robison, qui étaient de la famille de sa belle-mère. Elsie Ann a quitté Winter Quarters avec les Robison en juillet 1849 pour aller vers l’Ouest. Quand elle regardait Selina s’occuper de sa petite fille de dix mois, l’amour de sa maman à elle devait lui manquer terriblement. Parfois elle demandait même : « Où est ma mère ? »

    J’ai de la compassion pour cette petite fille qui affrontait un avenir incertain sans aucune famille par le sang pour la consoler et l’aider. Elsie Ann est mon arrière-grand-mère, et nous n’avons trouvé que récemment qui était réellement sa mère. Pendant des années nous avons cru qu’Elsie Ann était la fille de Jane Robison. Une recherche approfondie a permis de découvrir ses vrais parents et, après toutes ces années, Elsie Ann est maintenant scellée à son père, John Akerley, et à sa mère, Mary Moore.

    Mes grands-parents ont eu une très grande influence dans ma vie. Bien qu’ils soient morts depuis longtemps, je ressens encore leur soutien aimant. L’un de mes grands-pères, James Akerley Faust, est mort avant ma naissance. Je ne le connais que par ce que ma grand-mère et mes parents m’ont dit de lui. Mais je me sens très proche de lui parce que je suis un peu ce qu’il a été. Il a été entre autres cow-boy, éleveur de bétail et postier dans une petite ville du centre de l’Utah. Une fois il est allé en plein hiver en Idaho où il a rencontré un ami qui avait de grosses difficultés. Il faisait froid et son ami n’avait pas de manteau. Grand-père a enlevé le sien et le lui a donné.

    Ce soir je vous recommande, jeunes gens, de commencer à chercher qui vous êtes réellement en vous informant sur vos ancêtres. Alex Haley, l’auteur du livre Racines, a dit : « En chacun de nous, il y a un besoin viscéral de connaître notre patrimoine, de savoir qui nous sommes et d’où nous venons. Sans cette connaissance enrichissante, il y a une aspiration non satisfaite. Quels que soient nos accomplissements dans la vie, il subsiste un vide et une solitude angoissante1. » Nous pouvons avoir des expériences passionnantes en découvrant qui étaient nos ancêtres vigoureux et énergiques. C’étaient des être bien réels, vivants, avec des problèmes, des espoirs et des rêves comme nous en avons aujourd’hui.

    À de nombreux égards, chacun de nous est la somme de ce qu’étaient ses ancêtres. Les qualités qu’ils avaient sont peut-être les nôtres, leurs forces nos forces, et d’une certaine manière leurs difficultés peuvent être les nôtres. Certains de leurs traits peuvent être les nôtres. J’ai remarqué, il y a quelque temps, que l’un de mes arrière-petits-fils, un bambin, avait une démarche particulière. Ma femme m’a dit : « Il marche exactement comme toi ! » Maintenant je me demande de qui j’ai hérité cette caractéristique.

    C’est une joie de découvrir qui étaient nos ancêtres décédés il y a longtemps. Chacun de nous a une généalogie fascinante. La recherche de vos ancêtres peut être le puzzle le plus intéressant que vous, jeunes gens, puissiez assembler.

    Chacun de nous doit commencer ce travail quelque part, et cela peut être fait par jeunes ou vieux. Cet été 170 enfants du pieu de Lartebiokorshie, au Ghana, ont travaillé à leur arbre généalogique sur quatre générations pendant un atelier de deux heures ; soixante-quatorze d’entre eux ont rempli complètement et affiché leur arbre.

    Comme l’a dit Boyd K. Packer : « Si vous ne savez pas par où commencer, commencez par vous-même. Si vous ne savez pas quels documents vous procurer, ni comment le faire, commencez avec ce que vous avez2. » Vous découvrirez l’être unique que vous êtes. Cela peut être plus fascinant que n’importe quel film ou que n’importe quel jeu informatique. Il vous faudra trouver qui étaient vos grands-parents et vos arrière-grands-parents, et quelles ordonnances du temple ont été faites pour eux. Si vous ne savez pas comment trouver ces renseignements, demandez aux gens de votre paroisse qui le savent.

    Demandez aux membres de votre famille ce qu’ils savent de votre famille élargie. Examinez les documents que vous avez sous la main, comme les Bibles familiales, pour trouver des détails sur vos ancêtres. Ensuite vous pouvez consulter d’autres sources, comme les actes d’état civil ou paroissiaux, les recensements et les annales militaires. Si vous disposez d’un ordinateur, vous pouvez utiliser vos compétences en informatique pour travailler et vous connecter au site Internet de l’Église, FamilySearch.org. La généalogie est devenue une activité très élaborée dans laquelle les ordinateurs sont un moyen de recherche extraordinaire. Vous pouvez facilement avoir accès à une vaste collection d’annales généalogiques, en allant sur l’Internet depuis votre ordinateur ou celui du centre généalogique le plus proche de chez vous.

    Il y a maintenant des centres généalogiques dans quatre-vingt-huit pays. Il font partie d’un système de tenue d’archives inégalé qui permet de sauvegarder le patrimoine des familles du monde entier. À la Bibliothèque généalogique de Salt Lake City, il y a constamment des usagers qui écrivent et transmettent des renseignements sur leur généalogie. Quelqu’un a écrit : « Nous vous envoyons cinq enfants par courrier séparé. »

    La grande œuvre qui consiste à faire accomplir les ordonnances salvatrices pour nos ancêtres décédés constitue une partie essentielle de la triple mission de l’Église. Nous accomplissons cette œuvre avec un objectif : la rédemption de nos ancêtres. L’œuvre du temple est essentielle à la fois pour nous et pour nos ancêtres qui attendent que ces ordonnances salvatrices soient accomplies pour eux. Elle est essentielle parce que « sans eux nous ne pouvons parvenir à la perfection, et sans nous ils ne peuvent pas non plus parvenir à la perfection3 ». Ils ont besoin des ordonnances salvatrices, et nous avons besoin d’être scellés à eux. Pour cette raison, il est important que nous remontions nos lignes d’ascendance de manière à ce que personne ne soit oublié.

    La recherche de nos ancêtres n’est pas simplement un passe-temps. C’est une responsabilité fondamentale pour tous les membres de l’Église. Nous croyons que la vie continue après la mort et que nous ressusciterons tous4. Nous croyons que la famille peut perdurer dans la vie suivante si elle a respecté les alliances contractées dans l’un des temples sacrés sous l’autorité de Dieu. Nous croyons que nos ancêtres peuvent être aussi unis éternellement à leur famille lorsque nous contractons les alliances en leur faveur dans les temples. Nos ancêtres décédés peuvent accepter ces alliances, s’ils le choisissent, dans le monde des esprits5.

    La grande œuvre par procuration pour nos ancêtres dans nos temples manifeste à la fois la justice et l’impartialité de l’Évangile de Jésus-Christ. Joseph Smith, le prophète, a expliqué le dilemme terrible qui se poserait aux enfants de Dieu s’il n’y avait pas l’œuvre du temple pour nos morts. Il a dit : « Une personne meurt et est enterrée, n’ayant jamais entendu l’Évangile de réconciliation ; le message du salut a été envoyé à une autre qui l’a entendu et accepté, et qui est devenue héritière de la vie éternelle. Est-ce qu’elle doit devenir participante de la gloire et l’autre être consignée à une perdition sans espoir ? A-t-elle une chance d’être sauvée6 ? » Heureusement nos ancêtres auront l’occasion de recevoir et d’accepter les ordonnances salvatrices, si nous trouvons ces ancêtres et accomplissons les ordonnances sacrées pour eux par procuration. Nous faisons pour eux ce qu’ils ne peuvent pas faire pour eux-mêmes. C’est une expérience très enrichissante.

    Dans la grande vision du temple de Kirtland, le prophète Élie est apparu à Joseph Smith, le prophète, et à Oliver Cowdery, et a remis les clés de l’œuvre du temple et le pouvoir de scellement entre les mains de Joseph Smith7. C’était l’accomplissement de la prophétie de Malachie disant qu’Élie serait envoyé « pour tourner le cœur des pères vers les enfants, et les enfants vers les pères, de peur que la terre entière ne soit frappée de malédiction8 ».

    Qu’est-ce que cela signifie ? Tourner notre cœur vers nos pères c’est rechercher le nom de nos ancêtres décédés et accomplir les ordonnances salvatrices du temple pour eux. Cela formera une chaîne ininterrompue entre nous et nos ancêtres pour remonter finalement jusqu’à notre père, Adam, et notre mère, Ève.

    Le cœur d’un garçon de onze ans s’est tourné vers ses pères durant une soirée familiale où les enfants ont préparé chacun leur livre de souvenir. Le jeune Jeff voulait accompagner sa mère aux archives nationales. Elle avait peur qu’il perturbe les autres personnes faisant des recherches. Mais il a insisté ; alors elle a cédé et l’a emmené avec elle. Après quatre heures de recherche, il s’est exclamé : « Maman, j’ai trouvé grand-père ! » Il avait en effet trouvé son arrière-arrière-arrière-grand-père9. Mais cela ne marche pas toujours comme cela. Dans une lettre adressée au département de Généalogie, quelqu’un a écrit : « Nous avons perdu notre grand-mère. Pourriez-vous nous envoyer une copie ? »

    L’Évangile de Jésus-Christ nous enseigne que l’organisation familiale céleste sera « une famille qui est complète », c’est-à-dire, « une organisation comprenant père, mère et enfants d’une génération, liée au père, à la mère et aux enfants de la génération suivante, s’étendant ainsi jusqu’à la fin des temps10 ».

    En recherchant les noms de notre famille, nous les trouvons souvent orthographiés différemment, selon la source de renseignements. Cela a été le cas pour un étudiant de Provo qui a eu la vision de cet enchaînement de générations. Il traversait la bibliothèque un soir et s’est rappelé avoir entendu quelqu’un de la famille Searing parler d’une ville de l’État de New York qui avait reçu le nom d’un ancêtre. Il a alors décidé de chercher cette ville. Il a trouvé un très vieil exemplaire d’un dictionnaire géographique de l’État de New York qui parlait d’un homme appelé Simon Searing qui a participé à la fondation de Long Island vers 1650. Ce Simon était-il son ancêtre ? Il voulait absolument le savoir. Il a fait des recherches méticuleuses et a remonté sa lignée sur plusieurs générations. Mais il avait toujours un intervalle à combler entre les années 1800 et les années 1600. C’est alors qu’un miracle s’est produit. Il a trouvé par hasard une histoire de la famille Syring. La dernière famille de ce livrese trouvait être la famille à laquelle il était remonté par ses propres recherches. Il a pu non seulement relier de nombreuses générations, mais il s’est aussi relié au colonisateur Simon Searing11.

    Certaines personnes s’intéressant à la généalogie essayent de valoriser leur propre image en se reliant à des personnages illustres. Pour moi, cela a été assez différent. J’ai été fasciné d’apprendre la vie héroïque de certaines personnes inconnues et ordinaires. Arthur R. Bassett a dit un jour : « Qui parmi nous voudrait jeter la pierre à ses ancêtres ? En ce qui me concerne, je suis intrigué par leurs batailles, leurs victoires ainsi que leurs défaites… Je suis fasciné par ce qui semble être les vies les plus communes parce que je me suis rendu compte qu’elles sont passionnantes12. »

    Il est peu vraisemblable que vous trouviez des voleurs de chevaux parmi vos ancêtres. Mais, si c’est le cas, il est important que les ordonnances du temple soient accomplies pour eux, parce que nous croyons au repentir pour les personnes décédées aussi :

    « Les morts qui se repentent seront rachetés en obéissant aux ordonnances de la maison de Dieu.

    « Et lorsqu’ils auront payé le châtiment de leurs transgressions et auront été purifiés, ils recevront une récompense selon leurs œuvres, car ils sont héritiers du salut13. »

    La recherche de nos ancêtres, un par un, peut être difficile mais aussi passionnante et enrichissante. Nous sommes souvent spirituellement guidés quand nous allons aux sources de renseignements. Étant donné que c’est une œuvre très spirituelle, nous pouvons nous attendre à avoir de l’aide venant de l’autre côté du voile. Nous ressentons l’aide des personnes de notre famille qui attendent que nous trouvions leur nom pour que leurs ordonnances puissent être accomplies. C’est un service chrétien parce que nous faisons pour elles ce qu’elles ne peuvent pas faire elles-mêmes.

    Beaucoup d’entre vous, jeunes gens, ont déjà goûté à l’œuvre du temple en faisant des baptêmes pour les morts. Lorsque nous allons de bonne heure au temple, nous voyons souvent des jeunes gens habillés de blanc, prêts à prendre part à cette expérience enrichissante avant d’aller à l’école. Vous devez être félicités pour votre dévouement dans l’accomplissement de cette œuvre vitale. En le faisant, vous avez déjà ressenti la paix et la sérénité que l’on éprouve dans nos temples.

    Je témoigne que Dieu est un Dieu juste. Il ne nous accordera pas de bénédictions en les refusant à nos ancêtres. Mais nous devons accomplir ici-bas les baptêmes, les dotations et les scellements pour eux par procuration afin que nous soyons liés à eux pour l’éternité et ayons « part à la première résurrection14 ».

    Je témoigne aussi que le Seigneur dirige et inspire le président Hinckley qui nous guide dans cette œuvre importante. Puissions-nous avoir toujours la paix que procure l’accomplissement fidèle de nos devoirs de la prêtrise. Au nom de Jésus-Christ. Amen.