Restez à la place qui vous a été attribuée
    Notes de bas de page

    Restez à la place qui vous a été attribuée

    Puissions-nous aller vers ceux qui se sont égarés et les secourir, afin que pas une de ces âmes précieuses ne se perde.

    Nous formons ce soir une grande assemblée de la prêtrise, autant dans ce centre de conférence que dans d’autres lieux de par le monde. Certains d’entre nous détiennent la Prêtrise d’Aaron, d’autres, la Prêtrise de Melchisédek.

    Stephen L. Richards, qui était conseiller de David O. McKay, a déclaré : « On définit souvent la prêtrise simplement comme ‘le pouvoir de Dieu délégué à l’homme’. » Il a continué : « Je pense que cette définition est exacte. Mais, pour des raisons pratiques, je définis souvent la prêtrise en termes de service et je l’appelle fréquemment : ‘le plan parfait du service… C’est un instrument de service… et l’homme qui ne l’utilise pas risque de la perdre car, comme cela nous a été clairement révélé, celui qui la néglige ne sera pas considéré comme digne de demeurer1’. »

    Dans le pieu de Pioneer, à Salt Lake City, où j’ai reçu la Prêtrise d’Aaron et la Prêtrise de Melchisédek, on nous enseignait à bien connaître les Écritures, notamment les sections 20, 84 et 107 des Doctrine et Alliances. Ces sections traitent de la prêtrise et du gouvernement de l’Église.

    Ce soir, je vais mettre l’accent sur un verset de la section 107 : « C’est pourquoi, que chaque homme s’instruise de son devoir et apprenne à remplir l’office auquel il est désigné, et ce, en toute diligence2. »

    Harold B. Lee a souvent enseigné : « En devenant détenteur de la prêtrise, on devient agent du Seigneur. On doit se considérer comme étant en mission pour lui3. »

    Dans ces sections, nous apprenons également quels sont les devoirs de la présidence des collèges et que nous ne sommes pas uniquement responsables de nous-mêmes mais également des autres.

    Je crois fermement que l’Église est aujourd’hui plus forte que jamais. Le niveau d’assiduité de nos jeunes montre qu’ils constituent une génération de foi et de dévouement à la vérité. Cependant, certains s’éloignent du chemin, certains ont d’autres centres d’intérêts qui les poussent à négliger leurs devoirs au sein de l’Église. Nous ne devons pas perdre ces âmes précieuses.

    Il y a de plus en plus d’anciens potentiels qui ne vont pas aux réunions de l’Église et qui ne remplissent pas leurs tâches au sein de l’Église. Nous pouvons remédier à cette situation et nous devons le faire. C’est à nous qu’incombe cette tâche. Nous devons donner des responsabilités et faire des efforts sans tarder.

    Sous la direction de l’épiscopat et des consultants de collège, on peut donner aux présidences des collèges de la Prêtrise d’Aaron le pouvoir de se tourner vers les autres et de leur porter secours.

    Le Seigneur a dit : « Souvenez-vous que les âmes ont une grande valeur aux yeux de Dieu… Et comme sa joie est grande pour l’âme qui se repent4 ! »

    Parfois la tâche nous paraît écrasante. Nous pouvons reprendre courage en pensant à l’histoire de Gédéon qui, autrefois, dut combattre, avec ses forces modestes, les Madianites et les Amalécites. Vous vous souvenez peut-être que Gédéon et son armée firent face à la force écrasante d’une armée considérablement supérieure en équipement et en nombre. Le livre des Juges dans l’Ancien Testament indique que ces ennemis coalisés, les Madianites et les Amalécites, étaient répandus dans la vallée comme une multitude de sauterelles, et que leurs chameaux étaient innombrables comme le sable qui est sur le bord de la mer5. Gédéon se tourna vers le Dieu Tout-puissant pour bénéficier de sa force.

    À la surprise de Gédéon, le Seigneur lui dit que ses forces étaient trop nombreuses pour qu’il livre son ennemi entre leurs mains, de peur que le peuple dise : « C’est ma main qui m’a délivré6. » Le Seigneur commanda à Gédéon de proclamer à son peuple : « Que celui qui est craintif et qui a peur s’en retourne et s’éloigne de la montagne de Galaad. Vingt-deux mille hommes parmi le peuple s’en retournèrent, et il en resta dix mille7. »

    Le Seigneur dit alors : « Le peuple est encore trop nombreux8. » Il commanda à Gédéon de faire descendre les hommes vers l’eau et d’observer la manière dont ils boiraient. Ceux qui lapèrent l’eau furent placés dans un groupe et ceux qui se mirent à genoux pour boire furent placés dans un autre. Le Seigneur dit à Gédéon : « C’est par les trois cents hommes qui ont lapé que je vous sauverai et que je livrerai Madian entre tes mains. Que tout le reste du peuple s’en aille chacun chez soi9. »

    Après avoir prié une nouvelle fois, Gédéon dit : « Levez-vous, car l’Éternel a livré entre vos mains le camp de Madian10. » Il divisa les trois cents hommes en trois corps et leur remit à tous des trompettes et des cruches vides, avec des flambeaux dans les cruches. Il leur dit :

    « Vous me regarderez et vous ferez comme moi. Dès que j’aborderai le camp, vous ferez ce que je ferai ;

    « Et quand je sonnerai de la trompette, moi et tous ceux qui seront avec moi, vous sonnerez aussi de la trompette tout autour du camp, et vous direz : Pour l’Éternel et pour Gédéon11. » Il dit alors en substance : « Suivez-moi. » Ses paroles exactes furent : « Vous ferez ce que je ferai. »

    Au signal de son chef, l’armée de Gédéon sonna effectivement de la trompette, brisa les cruches et cria : « Épée pour l’Éternel et pour Gédéon. » Les Écritures rapportent le résultat de cette bataille décisive : « Ils restèrent chacun à sa place » et ils remportèrent la victoire12.

    L’enseignement au foyer fait partie du plan actuel visant à porter secours. Lorsqu’il l’a présenté à toutes les autorités générales, David O. McKay a déclaré : « L’enseignement au foyer est l’une de nos plus urgentes responsabilités et de nos meilleures occasions d’édifier et d’inspirer, de conseiller et de guider les enfants de notre Père… C’est un service divin ; c’est un appel divin. Nous, les instructeurs au foyer, avons le devoir d’amener l’Esprit de Dieu dans chaque foyer et dans chaque cœur13. »

    Dans certains endroits, lorsqu’il n’y a pas assez de détenteurs de la Prêtrise de Melchisédek, les présidents de pieu et les évêques, en coordination avec le président de mission, peuvent demander aux missionnaires à plein temps de rendre visite aux familles non pratiquantes ou aux familles partiellement membres. Non seulement cela ravive l’esprit missionnaire dans ces foyers, mais c’est aussi une occasion idéale d’obtenir des noms de personnes intéressées par l’Évangile.

    Au fils des ans, j’ai rendu visite à de nombreux pieux dans le monde entier. Dans certains, par nécessité ou par sens du devoir, les dirigeants de paroisse et de pieu ont cessé de se lamenter, ont remonté leurs manches, et, avec l’aide du Seigneur, se sont mis au travail. Ils ont amené beaucoup d’hommes précieux à se qualifier pour détenir la Prêtrise de Melchisédek et pour se rendre au saint temple afin de recevoir leur dotation et d’être scellés à leur épouse et à leurs enfants.

    Je vais parler brièvement de plusieurs exemples :

    Il y a quelques années, lorsque je me suis rendu dans le pieu de Millcreek, à Salt Lake City, j’ai appris qu’un peu plus de cents frères qui étaient anciens potentiels avaient été ordonnés anciens pendant l’année précédente. J’ai demandé à James Clegg, le président de pieu, de me donner le secret de sa réussite. Il était trop modeste pour s’en attribuer le mérite mais l’un de ses conseillers m’a appris que, prenant conscience de la tâche à accomplir, le président Clegg avait entrepris d’appeler personnellement chaque ancien potentiel et de fixer un entretien en tête à tête avec lui. Lors de l’entretien, le président Clegg parlait du temple du Seigneur et des ordonnances et des alliances salvatrices qui s’y accomplissent. Il posait également cette question : « N’aimeriez-vous pas amener votre femme et vos enfants à la maison du Seigneur pour pouvoir devenir une famille éternelle et vivre ensemble pendant toute l’éternité ? » Les anciens potentiels acquiesçaient, ils recommençaient à devenir pratiquants et lebut était atteint.

    En 1952, la majorité des familles de la troisième paroisse de Rose Park étaient constituées de membres dont le père ou le mari ne détenait que la Prêtrise d’Aaron, au lieu de la Prêtrise de Melchisédek. L. Brent Goates a été appelé évêque de cette paroisse. Il a demandé à un frère non pratiquant de la paroisse, Ernest Skinner, de l’aider à ramener à l’Église les vingt-neuf frères adultes de la paroisse qui étaient ordonnés à l’office d’instructeur dans la Prêtrise d’Aaron, et à les préparer, eux et leur famille, à se rendre au temple. Étant lui-même non pratiquant, frère Skinner n’était pas très enthousiaste au début mais il a finalement annoncé qu’il ferait ce qu’il pourrait. Il a commencé à rendre lui-même visite aux instructeurs adultes non pratiquants, en essayant de les aider à prendre conscience de leur rôle de dirigeant de la prêtrise dans leur foyer et de leur rôle de mari et de père. Bientôt, certains de ces frères ont accepté de l’aider dans sa tâche. Un par un, ils sont redevenus pratiquants et ontamené leur famille au temple.

    Un jour, le greffier de paroisse est sorti d’une file d’attente à la caisse d’un magasin pour saluer le dernier de ce groupe à aller au temple. Parlant du fait qu’il était le dernier, l’homme a dit : « Je suis resté là à regarder tous ces frères de notre paroisse retourner à l’Église et aller au temple. Si seulement j’avais pu imaginer à quel point c’est magnifique au temple et à quel point cela changerait ma vie pour toujours, je n’aurais pas été le dernier des vingt-neuf à être scellé au temple. »

    Dans chacune de ces histoires, quatre éléments ont conduit à la réussite :

    1. Les efforts pour ramener les non-pratiquants à l’ Église ont été effectués au niveau de la paroisse.

    2. L’évêque y était engagé.

    3. On a trouvé des instructeurs qualifiés et inspirés.

    4. On a accordé de l’attention à chaque personne.

    Mes frères, souvenons-nous du conseil du roi Benjamin : « Lorsque vous êtes au service de vos semblables, vous êtes simplement au service de votre Dieu14. »

    Allons au secours de ceux qui ont besoin de notre aide et amenons-les vers des chemins plus élevés et plus sûrs. Concentrons nos pensées sur les besoins des détenteurs de la prêtrise, de leur femme et de leurs enfants qui se sont éloignés de la pratique religieuse. Soyons à l’écoute du message non exprimé de leur cœur :

    Conduis-moi, et marche avec moi

    sur le bon chemin ;

    Apprends-moi comment agir

    pour Le connaître enfin.15

    La re-motivation n’est pas une tâche pour les oisifs ou les rêveurs. Les enfants grandissent, les parents vieillissent et le temps n’attend personne. N’attendez pas pour suivre une inspiration. Agissez tout de suite et le Seigneur ouvrira le chemin.

    Souvent la patience, cette vertu divine, est nécessaire. Quand j’étais évêque, un jour, j’ai ressenti que je devais appeler un homme dont la femme et les enfants étaient quelque peu pratiquants. Cependant, cet homme n’avait jamais réagi. Par une chaude journée d’été, j’ai frappé à la porte de Harold G. Gallacher. Je pouvais voir frère Gallacher assis sur une chaise en train de lire son journal. « Qui est-ce ? » a-t-il demandé sans lever la tête.

    « Votre évêque », ai-je répondu. « Je suis venu faire connaissance et vous inviter à assister aux réunions avec votre famille. »

    Il a répondu avec dédain : « Non, je suis trop occupé. » Il n’a pas même levé les yeux. Je l’ai remercié d’avoir écouté et je suis parti.

    La famille Gallacher a déménagé pour la Californie peu de temps après. Les années ont passé. Un jour, alors que j’étais membre du Collège des Douze, j’étais en train de travailler à mon bureau quand ma secrétaire m’a appelé disant : « Frère Gallacher, qui habitait dans votre paroisse, voudrait vous parler. Il est ici dans mon bureau. »

    J’ai dit : « Demandez-lui si son nom est bien Harold G. Gallacher qui habitait avec sa famille à Vissing Place au carrefour de West Temple et de la Cinquième Sud. »

    Elle a répondu : « C’est bien lui. »

    Je l’ai priée de le faire entrer. Nous avons eu une conversation agréable au sujet de sa famille. Puis il m’a dit : « Je suis venu vous présenter mes excuses de ne pas m’être levé de ma chaise pour vous faire entrer un jour d’été, il y a bien longtemps. » Je lui ai demandé s’il allait à l’église. Avec un sourire un peu ironique, il a répondu : « Je suis maintenant deuxième conseiller dans l’épiscopat de ma paroisse. Votre invitation à venir à l’église et ma réponse négative m’ont tellement tracassé que j’ai décidé de faire quelque chose. »

    Harold et moi nous sommes revus à plusieurs reprises avant son décès. Les Gallacher et leurs enfants ont rempli de nombreux appels dans l’Église. L’un des derniers petits-fils est actuellement en mission à plein temps.

    Aux nombreux missionnaires qui écoutent ce soir, je voudrais faire observer que souvent les graines du témoignage ne prennent pas racine et ne fleurissent pas immédiatement. Le pain jeté sur la face des eaux ne se retrouve parfois qu’après de nombreux jours. Mais on le retrouve.

    Un soir, en répondant au téléphone, j’ai entendu une voix me demander : « Êtes-vous parent avec un frère Monson qui a fait une mission en Nouvelle-Angleterre il y a longtemps ? »

    J’ai répondu que ce n’était pas le cas. La personne a dit qu’elle s’appelait frère Leonardo Gambardella et a précisé qu’un frère Monson et un frère Bonner étaient venus chez lui il y avait bien longtemps, et avaient rendu témoignage à lui et à sa femme. Le couple avait écouté mais n’avait pas donné suite à leurs enseignements. Puis les Gambardella avaient déménagé en Californie où environ treize ans plus tard ils avaient été convertis et baptisés. Frère Gambardella m’a ensuite demandé s’il y avait un moyen de joindre les missionnaires qui lui avaient rendu visite afin de leur exprimer sa profonde gratitude pour leur témoignage qui les avait marqués, sa femme et lui.

    J’ai vérifié les registres. J’ai retrouvé les missionnaires. Vous pouvez imaginer leur surprise, maintenant qu’ils étaient mariés et qu’ils avaient des enfants, quand je leur ai téléphoné et que je leur ai appris la bonne nouvelle et tout spécialement l’aboutissement de leurs efforts. Ils se sont immédiatement souvenus des Gambardella. J’ai organisé une conférence téléphonique à trois pour que les anciens missionnaires puissent personnellement féliciter les Gambardella et les accueillir dans l’Église. Ils l’ont fait. Il y a eu des larmes, mais c’étaient des larmes de joie.

    Edwin Markham a écrit ces vers :

    Il y a un destin qui nous fait frères,

    Personne ne vit que pour soi.

    Tout ce que nous envoyons dans la vie des autres

    Rejaillit dans la nôtre16.

    Ce soir, je prie pour que tous ceux d’entre nous qui détiennent la prêtrise soient conscients de leurs responsabilités, et que, comme Gédéon autrefois, chacun se tienne à la place qui lui est dévolue et, tous unis, que nous suivions notre Dirigeant, le Seigneur Jésus-Christ, et son prophète, le Président Hinckley. Puissions-nous aller vers ceux qui se sont égarés et les secourir, afin que pas une de ces âmes précieuses ne se perde.

    Au nom de Jésus-Christ. Amen.