1990-1999
Matin radieux de pardon

Octobre 1995


Matin radieux de pardon


Sauf pour les rares personnes qui suivent les voies de la perdition …, il n’y a pas d’habitude, de dépendance, de rebellion, de transgression, d’apostasie, d’offense qui ne puisse être complètement pardonné suivant la promesse.

En avril 1847, Brigham Young a dirigé le premier convoi de pionniers qui partait de Winter Quarters. Au même moment, deux mille six cents kilomètres à l’ouest, les survivants pathétiques du convoi Donner descendaient le versant de la Sierra Nevada vers la vallée de Sacramento.


Ils avaient passé le terrible hiver prisonniers de tempêtes de neige juste avant d’avoir passé le sommet. Il est presqu’incroyable qu’il y ait eu des survivants après les jours et les semaines sans nourriture et les souffrances indescriptibles qu’ils ont endurés.


Parmi eux se trouvait John Breen qui avait quinze ans. Le 24 avril au soir, il est entré dans le Ranch Johnson. Des années plus tard, John a écrit:


«Nous sommes arrivés au ranch Johnson longtemps après la tombée de la nuit de sorte que je l’ai vu pour la première fois le lendemain matin. Il faisait beau, le sol était couvert d’herbe verte, les oiseaux chantaient au sommet des arbres et le voyage était terminé. J’avais du mal à croire que j’étais vivant.


«Je crois que je n’oublierai jamais ce que j’ai vu ce matin-là. J’ai oublié la plupart des incidents, mais je me rappelle toujours le camp près du Ranch Johnson.»1 


J’ai d’abord été très étonné qu’il ait déclaré avoir oublié la plupart des incidents. Comment a-t-il pu oublier de longs mois de souffrances et de chagrins incroyables? Comment ce sombre hiver violent avait-il pu être remplacé par un matin radieux?


En y réfléchissant mieux, j’ai conclu que ce n’était pas étonnant du tout. J’ai vu quelque chose de semblable arriver à des gens que j’ai connus. J’en ai vu un qui avait passé un long hiver de culpabilité et de faim spirituelle, parvenir au matin du pardon.


Quand le matin est arrivé, il a appris ceci:


«Voici, celui qui s’est repenti de ses péchés est pardonné, et moi, le Seigneur, je ne m’en souviens plus.»2 


«C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, et je ne me souviendrai plus de tes péchés.»3 


«Je pardonnerai leur iniquité; et je ne me souviendrai plus de leur péché.»4


«Je pardonnerai leurs iniquités, et que je ne me souviendrai plus de leurs péchés.»5 


Quand le prophète Alma était jeune, il a connu une époque où il se sentait «torturé d’un tourment éternel car son âme, disait-il, était déchirée au plus haut degré».6 


Il s’est même dit: «O [ … ] que ne puis-je être banni et anéanti corps et âme.»7


Cependant son esprit s’est saisi d’un pensée. Quand il a nourri cette pensée et a agi en conséquence, le matin du pardon est venu, et il a dit:


«Je ne pus plus me souvenir de mes peines; oui, je ne fus plus torturé du souvenir de mes péchés.


«Et ô, quelle joie, quelle lumière merveilleuse je vis; oui, mon âme était remplie d’une joie aussi extrême que l’avait été ma souffrance!»8


Des lettres nous parviennent de gens qui ont commis des erreurs tragiques. Ils demandent; «Puis-je être pardonné?»


La réponse est «Oui!»


L’Evangile nous enseigne que l’on peut être soulagé du tourment et de la culpabilité en se repentant. Sauf pour ceux choisissent de suivre les voies de la perdition après avoir connu une plénitude, il n’y a pas d’habitude, de dépendance, de rebellion, de transgression, d’offense qui ne puisse être complètement pardonnée comme cela est promis.


«Venez et plaidons! dit l’Eternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine.» Cela sera vrai, continue Esaïe, «si vous avez de la bonne volonté et si vous êtes docile.»9


Cette grâce de Dieu promise dans les Ecritures ne vient qu’»après tout ce que nous pouvons faire.»10


Vous pouvez vous dire que vos transgressions ne sont pas réllement des péchés. Cela ne fonctionnera pas, pas plus que la rébellion, ni la colère, ni le fait de plaisanter à leur sujet. Vous ne pouvez et vous n’avez pas à le faire.


Il y a moyen de faire marche arrière. Cela ne vous aidera pas si, par égard pour vos sentiments, j’évite de vous parler de la partie difficile.


John Breen n’est pas parvenu à ce matin au ranch Johnson rien qu’en le souhaitant. Il s’est battu bec et ongles pour franchir le col en souffrant à chaque pas. Néanmoins, quand il a su qu’il survivrait et que ses souffrances prendraient fin, il ne s’est certainement pas plaint de l’épreuve. Et il a reçu de l’aide pendant toute la descente. Il était avec des sauveteurs.


Quand une offense est mineure, il suffit de présenter ses excuses pour satisfaire à la loi. La plupart des erreurs peuvent être réglées entre nous et le Seigneur et cela doit se faire sans retard.11 Il faut se confesser à lui et faire les réparations évidentes qui s’imposent.


Si nous manifestons un repentir sincère, à la mesure de notre volonté de «confesser et de délaisser» nos péchés,12 le Seigneur a promis que nous pouvons toujours conserver la rémission de nos péchés.13

Alma a dit carrément à son fils égaré que «le repentir ne pouvait être donné aux hommes, s’il n’y avait point une punition».14

La punition peut principalement être le tourment que nous nous infligeons.Il peut être la perte d’un honneur ou d’une amélioration.15 (Pour plus de détails, voir le texte supplémentaire dans cette note à la fin de l’article). Nous sommes punis par nos péchés sinon pour eux.


Il y a des transgressions qui requièrent une discipline qui apportera le soulagement du matin du pardon. Si vos erreurs ont été graves, allez trouver votre évêque. Comme les sauveteurs qui ont aidé John Breen à descendre des sommets de la montagne, les évêques peuvent vous aider à franchir les étapes requises pour obtenir le pardon dans la mesure où l’Eglise est concernée. Chacun d’entre nous doit s’efforcer personnellement d’obtenir le pardon du Seigneur.


Pour mériter le pardon, on doit faire restitution. Cela signifie que l’on rend ce que l’on a pris et que l’on soulage la peine de ceux que l’on a blessés.


Cependant il est parfois impossible de rendre ce que vous avez pris parce que vous ne l’avez pas. Si vous avez fait souffrir d’autres personnes d’une manière insupportable, privé quelqu’un de sa vertu par exemple, il n’est pas en votre pouvoir de la rendre.


Parfois il est impossible de réparer ce que vous avez cassé. Parfois l’offense est ancienne ou la personne lésée refuse votre pénitence. Peut-être le mal a-t-il été si terrible que vous ne pouvez pas le réparer bien que vous le vouliez désespérément.


Votre repentir ne peut pas être accepté à moins qu’il y ait une restitution. Si vous ne pouvez pas défaire ce que vous avez fait, vous êtes pris au piège. Il est facile de comprendre à quel point vous vous sentez désemparé et sans espoir et pourquoi vous pourriez être tenté d’abandonner, comme cela a été le cas pour Alma.


La pensée qui a sauvé Alma quand il l’a mise en action est que rendre ce que l’on ne peut pas rendre, guérir ce que l’on ne peut pas guérir, réparer ce que l’on a cassé et que l’on ne peut réparer, est précisément la raison d’être du sacrifice expiatoire du Christ.


Quand vous avez le ferme désir et la disposition de payer jusqu’au dernier quadrant16, la loi de restitution est suspendue. Votre dette est transférée sur le Seigneur. Il fera restitution à votre place.


Je le répète, sauf pour les rares personnes qui suivent les voies de la perdition, il n’y a pas d’habitude, de dépendance, de rebellion, de transgression, d’apostasie, d’offense qui ne puisse être complètement pardonnée suivant la promesse. C’est la promesse du sacrifice expiatoire du Christ.


Comment tout peut-il être réparé, nous ne le savons pas. Tout ne se fait peut-être pas dans cette vie. Nous savons grâce aux visions et aux visites d’anges que les serviteurs du Seigneur continuent l’œuvre de rédemption au-delà du voile.17

Cette connaissance doit être aussi réconfortante pour les innocents que pour les coupables. Je pense aux parents qui souffrent d’une manière intolérable à cause des erreurs de leurs enfants égarés et qui perdent espoir.


Certains membres se demandent pourquoi leurs dirigeants de la prêtrise ne veulent tout simplement pas les accepter comme ils sont et simplement les réconforter par pur amour chrétien, comme ils disent.


Le pur amour chrétien, l’amour pur du Christ, ne présuppose pas l’approbation de toute conduite. Il est certain que les expériences ordinaires de parents enseignent que l’on peut avoir un amour immense pour quelqu’un d’autre et cependant ne pas pouvoir approuver une conduite indigne.


Nous ne pouvons pas, en tant qu’Eglise, approuver une conduite indigne ni accepter comme membre à part entière des personnes qui suivent ou enseignent des principes qui sont en flagrante violation de ce que le Seigneur requiert des saints des derniers jours.


Si, par sympathie, nous approuvons une conduite indigne, cela peut apporter du réconfort à quelqu’un, mais finalement ne contribuera pas à son bonheur.18

Dans le plus tendre des sermons contenus dans les révélations sur la bonté, la longanimité, la gentillesse, l’humilité et l’amour sincère, le Seigneur nous commande de réprimander «avec sévérité avant qu’il ne soit trop tard, sous l’inspiration du Saint-Esprit, en faisant preuve ensuite d’un redoublement d’amour envers celui que [l’on] a réprimandé».19 


Le Seigneur donne des moyens de lui payer nos dettes. D’une certaine manière, nous pouvons, nous aussi, participer à une expiation. Quand nous sommes disposés à faire restitution aux autres de ce que nous n’avons pas pris, ou à guérir des blessures que nous n’avons pas infligées, ou à payer des dettes que nous n’avons pas contractées, nous faisons comme lui dans le sacrifice expiatoire.


Tant de gens mènent une vie d’accusation et de culpabilité alors que le secours est à portée de la main. Tant d’entre eux sont comme l’immigrante qui avait épargné autant qu’elle avait pu en se privant de tout ce dont elle avait besoin et avait enfin réussi à acheter un billet de troisième classe pour les Etats-Unis en vendant tous ses biens.


Elle se rationnait sur les maigres provisions qu’elle avait pu emporter. Malgré tout, ses réserves ont pas été épuisée dès le début du voyage. Quand les autres allaient chercher leur repas, elle restait dans l’entrepont, décidée à souffrir jusqu’au bout. Finalement, le dernier jour, il fallait, s’est-elle dit, qu’elle se paie un seul repas pour avoir la force pour le reste du voyage. Quand elle demanda ce que le repas coûtait, on lui répondit que tous les repas étaient compris dans le prix du billet.


Le grand matin du pardon risque de ne pas venir immédiatement. N’abandonnez pas si vous n’y arrivez pas du premier coup. La partie la plus difficile du repentir est souvent de se pardonner à soi-même. Le découragement fait partie de l’épreuve. N’abandonnez pas. Ce matin radieux viendra.


Alors, la «paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence» reviendra dans votre vie.20 Alors, comme lui, vous ne vous rappellerez plus vos péchés. Comment le saurez-vous? Vous le saurez!21


Il y a quelques années, je me trouvais à Washington, avec Harold B. Lee. Tôt le matin, il m’appela dans sa chambre d’hôtel. Il était assis, dans sa robe de chambre, et lisait Doctrine de l’Evangile, de Joseph F. Smith. Il me dit: «Ecoutez ceci!»


«Jésus n’avait pas terminé son œuvre lorsque son corps fut mis à mort, et il ne la termina pas non plus après sa résurrection d’entre les morts; bien qu’ayant accompli le but pour lequel il était venu sur la terre, il n’avait pas accompli toute son œuvre. Et quand l’aura-t-il accomplie? Pas avant d’avoir racheté et sauvé tous les fils et toutes les filles de notre Père Abraham qui sont nés ou naîtront jamais sur cette terre jusqu’à la fin des temps, à l’exception des fils de perdition. Telle est sa mission. Nous ne terminerons notre œuvre que lorsque nous nous serons sauvés, et alors pas avant d’avoir sauvé tous ceux qui dépendent de nous; car nous devons devenir sauveurs sur le Mont de Sion au même titre que le Christ. Nous sommes appelés à cette mission.»22 


«Il n’y a jamais de moment où l’esprit est trop vieux pour s’approcher de Dieu. Tous sont à la portée de la miséricorde qui pardonne à tous ceux qui n’ont pas commis le péché impardonnable pour lequel il n’y a pas de pardon.»23 


Et nous prions, nous jeûnons, nous exhortons et nous implorons. Nous aimons ceux qui errent et nous ne perdons jamais espoir.


Je témoigne du Christ et de la puissance de son expiation. Je sais que «sa colère est allumée contre les méchants; ils se repentent et en un instant, elle est détournée; ils ont sa faveur et il leur donne la vie; mais le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse».24


Au nom de Jésus-Christ. Amen.

En avril 1847, Brigham Young a dirigé le premier convoi de pionniers qui partait de Winter Quarters. Au même moment, deux mille six cents kilomètres à l’ouest, les survivants pathétiques du convoi Donner descendaient le versant de la Sierra Nevada vers la vallée de Sacramento.


Ils avaient passé le terrible hiver prisonniers de tempêtes de neige juste avant d’avoir passé le sommet. Il est presqu’incroyable qu’il y ait eu des survivants après les jours et les semaines sans nourriture et les souffrances indescriptibles qu’ils ont endurés.


Parmi eux se trouvait John Breen qui avait quinze ans. Le 24 avril au soir, il est entré dans le Ranch Johnson. Des années plus tard, John a écrit:


«Nous sommes arrivés au ranch Johnson longtemps après la tombée de la nuit de sorte que je l’ai vu pour la première fois le lendemain matin. Il faisait beau, le sol était couvert d’herbe verte, les oiseaux chantaient au sommet des arbres et le voyage était terminé. J’avais du mal à croire que j’étais vivant.


«Je crois que je n’oublierai jamais ce que j’ai vu ce matin-là. J’ai oublié la plupart des incidents, mais je me rappelle toujours le camp près du Ranch Johnson.»1

J’ai d’abord été très étonné qu’il ait déclaré avoir oublié la plupart des incidents. Comment a-t-il pu oublier de longs mois de souffrances et de chagrins incroyables? Comment ce sombre hiver violent avait-il pu être remplacé par un matin radieux?


En y réfléchissant mieux, j’ai conclu que ce n’était pas étonnant du tout. J’ai vu quelque chose de semblable arriver à des gens que j’ai connus. J’en ai vu un qui avait passé un long hiver de culpabilité et de faim spirituelle, parvenir au matin du pardon.


Quand le matin est arrivé, il a appris ceci:


«Voici, celui qui s’est repenti de ses péchés est pardonné, et moi, le Seigneur, je ne m’en souviens plus.»2

«C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, et je ne me souviendrai plus de tes péchés.»3

«Je pardonnerai leur iniquité; et je ne me souviendrai plus de leur péché.»4

«Je pardonnerai leurs iniquités, et que je ne me souviendrai plus de leurs péchés.»5

Quand le prophète Alma était jeune, il a connu une époque où il se sentait «torturé d’un tourment éternel car son âme, disait-il, était déchirée au plus haut degré».6

Il s’est même dit: «O [ … ] que ne puis-je être banni et anéanti corps et âme.»7

Cependant son esprit s’est saisi d’un pensée. Quand il a nourri cette pensée et a agi en conséquence, le matin du pardon est venu, et il a dit:


«Je ne pus plus me souvenir de mes peines; oui, je ne fus plus torturé du souvenir de mes péchés.


«Et ô, quelle joie, quelle lumière merveilleuse je vis; oui, mon âme était remplie d’une joie aussi extrême que l’avait été ma souffrance!»8

Des lettres nous parviennent de gens qui ont commis des erreurs tragiques. Ils demandent; «Puis-je être pardonné?»


La réponse est «Oui!»


L’Evangile nous enseigne que l’on peut être soulagé du tourment et de la culpabilité en se repentant. Sauf pour ceux choisissent de suivre les voies de la perdition après avoir connu une plénitude, il n’y a pas d’habitude, de dépendance, de rebellion, de transgression, d’offense qui ne puisse être complètement pardonnée comme cela est promis.


«Venez et plaidons! dit l’Eternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine.» Cela sera vrai, continue Esaïe, «si vous avez de la bonne volonté et si vous êtes docile.»9

Cette grâce de Dieu promise dans les Ecritures ne vient qu’»après tout ce que nous pouvons faire.»10

Vous pouvez vous dire que vos transgressions ne sont pas réllement des péchés. Cela ne fonctionnera pas, pas plus que la rébellion, ni la colère, ni le fait de plaisanter à leur sujet. Vous ne pouvez et vous n’avez pas à le faire.


Il y a moyen de faire marche arrière. Cela ne vous aidera pas si, par égard pour vos sentiments, j’évite de vous parler de la partie difficile.


John Breen n’est pas parvenu à ce matin au ranch Johnson rien qu’en le souhaitant. Il s’est battu bec et ongles pour franchir le col en souffrant à chaque pas. Néanmoins, quand il a su qu’il survivrait et que ses souffrances prendraient fin, il ne s’est certainement pas plaint de l’épreuve. Et il a reçu de l’aide pendant toute la descente. Il était avec des sauveteurs.


Quand une offense est mineure, il suffit de présenter ses excuses pour satisfaire à la loi. La plupart des erreurs peuvent être réglées entre nous et le Seigneur et cela doit se faire sans retard.11 Il faut se confesser à lui et faire les réparations évidentes qui s’imposent.


Si nous manifestons un repentir sincère, à la mesure de notre volonté de «confesser et de délaisser» nos péchés,12 le Seigneur a promis que nous pouvons toujours conserver la rémission de nos péchés.13

Alma a dit carrément à son fils égaré que «le repentir ne pouvait être donné aux hommes, s’il n’y avait point une punition».14

La punition peut principalement être le tourment que nous nous infligeons.Il peut être la perte d’un honneur ou d’une amélioration.15 (Pour plus de détails, voir le texte supplémentaire dans cette note à la fin de l’article). Nous sommes punis par nos péchés sinon pour eux.


Il y a des transgressions qui requièrent une discipline qui apportera le soulagement du matin du pardon. Si vos erreurs ont été graves, allez trouver votre évêque. Comme les sauveteurs qui ont aidé John Breen à descendre des sommets de la montagne, les évêques peuvent vous aider à franchir les étapes requises pour obtenir le pardon dans la mesure où l’Eglise est concernée. Chacun d’entre nous doit s’efforcer personnellement d’obtenir le pardon du Seigneur.


Pour mériter le pardon, on doit faire restitution. Cela signifie que l’on rend ce que l’on a pris et que l’on soulage la peine de ceux que l’on a blessés.


Cependant il est parfois impossible de rendre ce que vous avez pris parce que vous ne l’avez pas. Si vous avez fait souffrir d’autres personnes d’une manière insupportable, privé quelqu’un de sa vertu par exemple, il n’est pas en votre pouvoir de la rendre.


Parfois il est impossible de réparer ce que vous avez cassé. Parfois l’offense est ancienne ou la personne lésée refuse votre pénitence. Peut-être le mal a-t-il été si terrible que vous ne pouvez pas le réparer bien que vous le vouliez désespérément.


Votre repentir ne peut pas être accepté à moins qu’il y ait une restitution. Si vous ne pouvez pas défaire ce que vous avez fait, vous êtes pris au piège. Il est facile de comprendre à quel point vous vous sentez désemparé et sans espoir et pourquoi vous pourriez être tenté d’abandonner, comme cela a été le cas pour Alma.


La pensée qui a sauvé Alma quand il l’a mise en action est que rendre ce que l’on ne peut pas rendre, guérir ce que l’on ne peut pas guérir, réparer ce que l’on a cassé et que l’on ne peut réparer, est précisément la raison d’être du sacrifice expiatoire du Christ.


Quand vous avez le ferme désir et la disposition de payer jusqu’au dernier quadrant16, la loi de restitution est suspendue. Votre dette est transférée sur le Seigneur. Il fera restitution à votre place.


Je le répète, sauf pour les rares personnes qui suivent les voies de la perdition, il n’y a pas d’habitude, de dépendance, de rebellion, de transgression, d’apostasie, d’offense qui ne puisse être complètement pardonnée suivant la promesse. C’est la promesse du sacrifice expiatoire du Christ.


Comment tout peut-il être réparé, nous ne le savons pas. Tout ne se fait peut-être pas dans cette vie. Nous savons grâce aux visions et aux visites d’anges que les serviteurs du Seigneur continuent l’œuvre de rédemption au-delà du voile.17

Cette connaissance doit être aussi réconfortante pour les innocents que pour les coupables. Je pense aux parents qui souffrent d’une manière intolérable à cause des erreurs de leurs enfants égarés et qui perdent espoir.


Certains membres se demandent pourquoi leurs dirigeants de la prêtrise ne veulent tout simplement pas les accepter comme ils sont et simplement les réconforter par pur amour chrétien, comme ils disent.


Le pur amour chrétien, l’amour pur du Christ, ne présuppose pas l’approbation de toute conduite. Il est certain que les expériences ordinaires de parents enseignent que l’on peut avoir un amour immense pour quelqu’un d’autre et cependant ne pas pouvoir approuver une conduite indigne.


Nous ne pouvons pas, en tant qu’Eglise, approuver une conduite indigne ni accepter comme membre à part entière des personnes qui suivent ou enseignent des principes qui sont en flagrante violation de ce que le Seigneur requiert des saints des derniers jours.


Si, par sympathie, nous approuvons une conduite indigne, cela peut apporter du réconfort à quelqu’un, mais finalement ne contribuera pas à son bonheur.18

Dans le plus tendre des sermons contenus dans les révélations sur la bonté, la longanimité, la gentillesse, l’humilité et l’amour sincère, le Seigneur nous commande de réprimander «avec sévérité avant qu’il ne soit trop tard, sous l’inspiration du Saint-Esprit, en faisant preuve ensuite d’un redoublement d’amour envers celui que [l’on] a réprimandé».19

Le Seigneur donne des moyens de lui payer nos dettes. D’une certaine manière, nous pouvons, nous aussi, participer à une expiation. Quand nous sommes disposés à faire restitution aux autres de ce que nous n’avons pas pris, ou à guérir des blessures que nous n’avons pas infligées, ou à payer des dettes que nous n’avons pas contractées, nous faisons comme lui dans le sacrifice expiatoire.


Tant de gens mènent une vie d’accusation et de culpabilité alors que le secours est à portée de la main. Tant d’entre eux sont comme l’immigrante qui avait épargné autant qu’elle avait pu en se privant de tout ce dont elle avait besoin et avait enfin réussi à acheter un billet de troisième classe pour les Etats-Unis en vendant tous ses biens.


Elle se rationnait sur les maigres provisions qu’elle avait pu emporter. Malgré tout, ses réserves ont pas été épuisée dès le début du voyage. Quand les autres allaient chercher leur repas, elle restait dans l’entrepont, décidée à souffrir jusqu’au bout. Finalement, le dernier jour, il fallait, s’est-elle dit, qu’elle se paie un seul repas pour avoir la force pour le reste du voyage. Quand elle demanda ce que le repas coûtait, on lui répondit que tous les repas étaient compris dans le prix du billet.


Le grand matin du pardon risque de ne pas venir immédiatement. N’abandonnez pas si vous n’y arrivez pas du premier coup. La partie la plus difficile du repentir est souvent de se pardonner à soi-même. Le découragement fait partie de l’épreuve. N’abandonnez pas. Ce matin radieux viendra.


Alors, la «paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence» reviendra dans votre vie.20 Alors, comme lui, vous ne vous rappellerez plus vos péchés. Comment le saurez-vous? Vous le saurez!21

Il y a quelques années, je me trouvais à Washington, avec Harold B. Lee. Tôt le matin, il m’appela dans sa chambre d’hôtel. Il était assis, dans sa robe de chambre, et lisait Doctrine de l’Evangile, de Joseph F. Smith. Il me dit: «Ecoutez ceci!»


«Jésus n’avait pas terminé son œuvre lorsque son corps fut mis à mort, et il ne la termina pas non plus après sa résurrection d’entre les morts; bien qu’ayant accompli le but pour lequel il était venu sur la terre, il n’avait pas accompli toute son œuvre. Et quand l’aura-t-il accomplie? Pas avant d’avoir racheté et sauvé tous les fils et toutes les filles de notre Père Abraham qui sont nés ou naîtront jamais sur cette terre jusqu’à la fin des temps, à l’exception des fils de perdition. Telle est sa mission. Nous ne terminerons notre œuvre que lorsque nous nous serons sauvés, et alors pas avant d’avoir sauvé tous ceux qui dépendent de nous; car nous devons devenir sauveurs sur le Mont de Sion au même titre que le Christ. Nous sommes appelés à cette mission.»22

«Il n’y a jamais de moment où l’esprit est trop vieux pour s’approcher de Dieu. Tous sont à la portée de la miséricorde qui pardonne à tous ceux qui n’ont pas commis le péché impardonnable pour lequel il n’y a pas de pardon.»23

Et nous prions, nous jeûnons, nous exhortons et nous implorons. Nous aimons ceux qui errent et nous ne perdons jamais espoir.


Je témoigne du Christ et de la puissance de son expiation. Je sais que «sa colère est allumée contre les méchants; ils se repentent et en un instant, elle est détournée; ils ont sa faveur et il leur donne la vie; mais le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse».24

Au nom de Jésus-Christ. Amen. 9


  1. John Breen, «Pioneer Memoirs», texte non publié, cité dans «The Americanization of Utah», émission de télévision PBS.

  2. D&A 58:42.

  3. Esaïe 43:25.

  4. Jérémie 31:34.

  5. Hébreux 8:12; voir aussi Hébreux 10:17.

  6. Alma 36:12.

  7. Alma 36:15.

  8. Alma 36:19-20.

  9. Esaïe 1:18-19.

  10. 2 Néphi 25:23.

  11. Voir D&A 109:21.

  12. D&A 58:43; voir aussi Ezéchiel 18:21-24, 31-32.

  13. Voir Mosiah 4:12.

  14. Alma 42:16.

  15. Toutes les âmes repentantes qui n’ont pas commis le péché impardonnable recevront le pardon (voir Matthieu 12:31). Le pardon ne garantit cependant pas forcément l’exaltation, comme ce fut le cas pour David (voir D&A 132:38-39; voir aussi Psaumes 16:10; Actes 2:25-27; Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 274).

  16. Voir Matthieu 5:25-26.

  17. Voir D&A 138.

  18. Voir Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 207).

  19. D&A 121:43.

  20. Philippiens 4:7.

  21. Voir Mosiah 4:1-3.

  22. Joseph F. Smith, Doctrine de l’Evangile, p. 373).

  23. Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 154).

  24. Voir traduction inspirée de la Bible de Psaumes 30:6; voir aussi D&A 61:20).